{"id":1014,"date":"2017-06-12T14:35:15","date_gmt":"2017-06-12T12:35:15","guid":{"rendered":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/?p=1014"},"modified":"2021-05-28T15:26:51","modified_gmt":"2021-05-28T13:26:51","slug":"revue-de-linstitut-napoleon-numero-215","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/2017\/06\/12\/revue-de-linstitut-napoleon-numero-215\/","title":{"rendered":"Revue de l\u2019Institut Napol\u00e9on : Num\u00e9ro 215"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-901 size-medium aligncenter\" src=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/215-197x300.jpg\" alt=\"\" width=\"197\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/215-197x300.jpg 197w, http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/215.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 197px) 100vw, 197px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: 18pt;\">Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt;\"><strong>Num\u00e9ro 215 (2017-2)<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>Editorial<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les hasards de la recherche historique sont parfois surprenants. Alors que je remontais la route Napol\u00e9on en ao\u00fbt 2009, pr\u00e9parant un ouvrage sur les Cent-Jours, je fis une incursion du c\u00f4t\u00e9 d\u2019Embrun. J\u2019avais lou\u00e9 une chambre au ch\u00e2teau de Picomtal, situ\u00e9 sur la commune de Crots. L\u00e0 j\u2019apprends que les propri\u00e9taires, nouvellement install\u00e9s, ont d\u00e9couvert, en refaisant une partie du plancher du premier \u00e9tage, des \u00e9crits laiss\u00e9s plus d\u2019un si\u00e8cle plus t\u00f4t par le menuisier qui posait le parquet. Imm\u00e9diatement je per\u00e7ois l\u2019int\u00e9r\u00eat de cette source, car les \u00e9crits des gens du peuple sont rares. Les propri\u00e9taires me confient le mat\u00e9riau. Je me mets au travail. J\u2019ai \u00e0 ma disposition 72 phrases laiss\u00e9es par le menuisier entre 1880 et 1881. J\u2019ignore dans quel ordre elles ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crites, mais je me rends compte tr\u00e8s vite de leur richesse. Il faut d\u2019abord identifier le menuisier et sa famille. Il s\u2019appelle Joachim Martin, est n\u00e9 en 1842, et a appris le m\u00e9tier aupr\u00e8s de son p\u00e8re. Ses \u00e9crits montrent qu\u2019il a une certaine culture, sans doute li\u00e9e aux origines protestantes de sa m\u00e8re. Il a surtout une conscience de l\u2019histoire, du pass\u00e9 comme de l\u2019avenir. Il sait en effet qu\u2019il ne sera pas lu avant cent ans et lance un message \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Heureux mortel, quand tu me liras, je serai plus<\/em>\u00a0\u00bb. C\u2019est pourquoi il peut livrer les secrets du village. Il se r\u00e9f\u00e8re aussi au pass\u00e9, m\u00eame si l\u2019on ne trouve sous sa plume aucune allusion ni \u00e0 Napol\u00e9on ni \u00e0 aucun souverain du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. En revanche, il mentionne quatre dates suivies de noms, qui renvoient aux propri\u00e9taires du ch\u00e2teau depuis la R\u00e9volution, lesquels ont aussi \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s souvent maires du village. La vie politique locale l\u2019int\u00e9resse davantage que l\u2019histoire nationale. En 1792, le ch\u00e2teau de Picomtal a \u00e9t\u00e9 acquis par Jean-Louis Fran\u00e7ois de Cressy\u00a0 qui \u00e9tait lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du baillage de l\u2019Embrunais avant la R\u00e9volution. Il s\u2019implique alors dans l\u2019administration locale, d\u2019abord comme\u00a0 commissaire du roi pour la formation du d\u00e9partement des Hautes-Alpes en mai 1790, puis comme membre de l\u2019administration du d\u00e9partement \u00e0 partir du 8 juillet 1790. En octobre 1791, il devient commissaire des guerres et conserve cette fonction jusqu\u2019en mai 1815, \u00e9tant de ce fait peu pr\u00e9sent au ch\u00e2teau de Picomtal. Ses deux fr\u00e8res en revanche, Sixte de Cressy et Jacques de Cressy, dit Cressy-Bargheim, y habitent, de m\u00eame que leur m\u00e8re, Marie Victoire n\u00e9e Gauthier. Les fr\u00e8res de Jean Louis Fran\u00e7ois sont \u00e9galement impliqu\u00e9s dans la vie de la commune, puisque Sixte est maire des Crottes de 1805 \u00e0 sa mort en 1810. Son fr\u00e8re Cressy-Bergheim est \u00e9galement bri\u00e8vement maire du village en 1813, puis reste conseiller municipal jusqu\u2019en 1826. Mais le ch\u00e2teau a alors \u00e9t\u00e9 transmis \u00e0 l\u2019une des deux filles de Jean-Louis Fran\u00e7ois, Elisabeth El\u00e9onore de Cressy, n\u00e9e le 28 octobre 1778 \u00e0 Embrun. Elle avait \u00e9pous\u00e9 en juillet 1795\u00a0 (9 thermidor an III) le g\u00e9n\u00e9ral Achille Victor Fortun\u00e9 Piscatory de Vaufreland que l\u2019on retrouve sur les r\u00f4les d\u2019imposition du village \u00e0 la fin de l\u2019Empire et au d\u00e9but de la Restauration comme le plus gros contribuable des Crottes. Apr\u00e8s avoir exerc\u00e9 plusieurs commandements, le g\u00e9n\u00e9ral de Vaufreland avait \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 la retraite par Napol\u00e9on en 1810. Il reprend n\u00e9anmoins du service au d\u00e9but de la Restauration avant d\u2019\u00eatre d\u00e9finitivement plac\u00e9 en retraite en 1818. La famille ne vit que partiellement aux Crottes, passant l\u2019hiver \u00e0 Paris. Joachim Martin \u00e9voque aussi le maire du Second Empire, Louis Berthe, \u00e9galement propri\u00e9taire du ch\u00e2teau, dont il pr\u00e9cise qu\u2019il est mort \u00e0 l\u2019annonce de la d\u00e9faite de Sedan. Il introduit ainsi l\u2019histoire dans ses propos, manifestant un r\u00e9el souci du pass\u00e9 et nous invitant \u00e0 \u00eatre d\u00e9sormais attentifs \u00e0 toutes ces traces laiss\u00e9es par les gens humbles et anonymes qui, comme Joachim Martin, n\u2019entendent pas le rester<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Jacques-Olivier Boudon, <em>Le plancher de Joachim. L\u2019histoire retrouv\u00e9e d\u2019un village fran\u00e7ais<\/em>, Paris, Belin, 2017.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Jacques-Olivier Boudon<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><em>Pr\u00e9sident de l\u2019Institut Napol\u00e9on<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>R\u00e9sum\u00e9s<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Au service de l\u2019Etat dans la police et la haute administration : le cas du Dr\u00f4mois Claude-Fran\u00e7ois Eymard (1772-1859) du Consulat \u00e0 la Restauration<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Jean-Michel Piot<\/p>\n<p>C\u2019est un parcours individuel brillant pour le moins original que celui du Dr\u00f4mois Claude-Fran\u00e7ois Eymard (1772-1859). Cet enfant du Tricastin n\u00e9 \u00e0 Pierrelatte en 1772, fit toute une carri\u00e8re de \u00ab\u00a0policier\u00a0\u00bb du Consulat \u00e0 la Restauration, sous les titulaires du portefeuille de la Police g\u00e9n\u00e9rale que furent Fouch\u00e9 duc d\u2019Otrante, Savary duc de Rovigo, Beugnot,\u00a0 Elie duc Decazes. Ces ministres lui permirent de gravir assez rapidement les \u00e9chelons hi\u00e9rarchiques des arcanes de la <em>secr\u00e8te<\/em> \u00e0 savoir ceux de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du commissariat de police des ports de la Manche (1809-1811), commissaire sp\u00e9cial de police \u00e0 La Haye (1813-1814), d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la Police (1814), lieutenant de police extraordinaire (1815), d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 extraordinaire de la Police g\u00e9n\u00e9rale (1816), inspecteur g\u00e9n\u00e9ral de police \u00e0 Grenoble (1816), Inspecteur g\u00e9n\u00e9ral attach\u00e9 au minist\u00e8re de la Police pour une grande partie du Midi (1817), Inspecteur g\u00e9n\u00e9ral et lieutenant de police \u00e0 Marseille (1818-1820). Cr\u00e9\u00e9 chevalier de la L\u00e9gion d\u2019honneur en 1818, Eymard est au fa\u00eete du <em>cursus honorum<\/em> gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019amiti\u00e9 appuy\u00e9e que lui voue le duc Decazes favori minist\u00e9riel en titre du roi Louis XVIII. Les Lys des Tuileries r\u00e9compensent encore sa fid\u00e9lit\u00e9 politique au r\u00e9gime de la <em>Charte octroy\u00e9e<\/em> en le nommant pr\u00e9fet de Corse (1820) \u2013 charge d\u00e9licate s\u2019il en est d\u2019un d\u00e9partement au demeurant sensible, qu\u2019il assume discr\u00e8tement mais avec une r\u00e9elle efficacit\u00e9 administrative jusqu\u2019en 1822.<\/p>\n<p>Les d\u00e9boires domestiques ont min\u00e9 Claude-Fran\u00e7ois Eymard en lui causant des torts consid\u00e9rables\u00a0: un veuvage douloureux\u00a0; une seconde \u00e9pouse mondaine, proc\u00e9duri\u00e8re, affairiste et envahissante au possible\u00a0; des difficult\u00e9s financi\u00e8res li\u00e9es \u00e0 une certaine folie des grandeurs \u00e0 Faveyrolles\u00a0; un beau-fr\u00e8re officier sup\u00e9rieur ex-aide de camp du mar\u00e9chal Ney par trop bonapartiste puis orl\u00e9aniste et r\u00e9publicain \u00e0 son heure, membre activiste compromis dans les complots de la Charbonnerie fran\u00e7aise, r\u00e9int\u00e9gr\u00e9 au sein des cadres de l\u2019arm\u00e9e tricolore par la Monarchie de Juillet encline \u00e0 m\u00e9nager les anciennes gloires de l\u2019Empire.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>De la Picardie \u00e0 la Russie puis de la Russie au Berry, Campagnes et captivit\u00e9 d&rsquo;un sergent-major du 24<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019infanterie l\u00e9g\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00c9dition \u00e9tablie, annot\u00e9e et pr\u00e9sent\u00e9 par Guillaume L\u00e9v\u00eaque<\/p>\n<p>Le manuscrit du r\u00e9cit in\u00e9dit de la vie et des campagnes d\u2019un soldat anonyme du Premier Empire a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment d\u00e9pos\u00e9 aux Archives d\u00e9partementales de l\u2019Indre. L\u2019\u00e9tude de son contenu a permis d\u2019en confirmer la valeur de t\u00e9moignage et d\u2019en identifier l\u2019auteur. Conscrit de 1808 d\u2019origine picarde devenu sous-officier d\u2019infanterie l\u00e9g\u00e8re, Fran\u00e7ois-Marie Delevacque a combattu en Autriche en 1809, mais l\u2019essentiel de sa relation est centr\u00e9 sur l\u2019exp\u00e9rience marquante qu\u2019ont \u00e9t\u00e9 pour lui la campagne de Russie en 1812 et la dure captivit\u00e9 qui en a r\u00e9sult\u00e9. L\u2019\u00e9dition scientifique de ce document est compl\u00e9t\u00e9e par la pr\u00e9sentation biographique de son auteur, qui permet de replacer le texte dans son contexte culturel et social, et d\u2019examiner les conditions de la r\u00e9insertion dans la vie civile d\u2019un ancien combattant des guerres napol\u00e9oniennes.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Napol\u00e9on et la musique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Jean-Fran\u00e7ois Marchi<\/p>\n<p>Quel est le domaine de l&rsquo;activit\u00e9 humaine et sociale que Napol\u00e9on n&rsquo;a-t-il pas approch\u00e9 et r\u00e9form\u00e9 ?<\/p>\n<p>Impr\u00e9gn\u00e9 des id\u00e9es de l&rsquo;<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, le b\u00e2tisseur du nouveau syst\u00e8me voulut que tout f\u00fbt r\u00e9gi par la Raison. Donc par la loi et les institutions qu&rsquo;il \u00e9difiait. Retenons la d\u00e9finition qu&rsquo;en donne Balzac au pr\u00e9texte du Cadastre : \u00ab\u00a0<em>oeuvre de g\u00e9ant voulue par un g\u00e9ant.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Reprenant le dessein de Louis XIV, il con\u00e7ut une politique culturelle \u00e0 des fins d&rsquo;\u00e9dification et d&rsquo;\u00e9ducation populaires mais aussi de propagande \u00e0 destination du monde. De culture italique, il r\u00e9organisa la musique tant profane que sacr\u00e9e en s&rsquo;assurant de la p\u00e9rennit\u00e9 du chant italien par la cr\u00e9ation du Th\u00e9\u00e2tre italien tout en donnant la premi\u00e8re place \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra imp\u00e9rial objet de de toutes ses faveurs. Il s&rsquo;assura de la carri\u00e8re des M\u00e9hul et Lesueur destin\u00e9s \u00e0 faire briller le go\u00fbt fran\u00e7ais en favorisant en sous-main celle du chant italien afin que celui-ci p\u00fbt durablement supplanter le <em>urlo francese<\/em> du pass\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;ind\u00e9niable succ\u00e8s de cette politique en trompe l&rsquo;oeil est que le th\u00e9\u00e2tre royal italien sera pourvu par le roi Charles X d&rsquo;un directeur nomm\u00e9 Gioacchino Rossini qui poursuivra cette politique jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ach\u00e8vement de la transformation du chant fran\u00e7ais avec l&rsquo;instauration de la supr\u00e9matie de la m\u00e9lodie. Napol\u00e9on voulait \u00a0ainsi que la musique transform\u00e2t les esprits et accompagn\u00e2t la r\u00e9ussite de son oeuvre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on Num\u00e9ro 215 (2017-2) Editorial Les hasards de la recherche historique sont parfois surprenants. 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