{"id":1006,"date":"2019-05-28T14:22:22","date_gmt":"2019-05-28T12:22:22","guid":{"rendered":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/?p=1006"},"modified":"2021-05-28T15:25:55","modified_gmt":"2021-05-28T13:25:55","slug":"1006","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/2019\/05\/28\/1006\/","title":{"rendered":"Revue de l\u2019Institut Napol\u00e9on : Num\u00e9ro 218"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-904 size-medium aligncenter\" src=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/218-195x300.jpg\" alt=\"\" width=\"195\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/218-195x300.jpg 195w, http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/218.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 195px) 100vw, 195px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: 18pt;\">Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt;\"><strong>Num\u00e9ro 218 (2019-1)<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>Editorial<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ann\u00e9e 2019 est celle du cent-cinquanti\u00e8me anniversaire de la naissance de Napol\u00e9on Bonaparte. Elle a d\u00e9montr\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat persistant des Fran\u00e7ais, voire des Europ\u00e9ens, pour celui qui demeure un des personnages historiques les plus connus dans le monde. On ne peut que mesurer d\u00e8s lors la discr\u00e9tion des comm\u00e9morations officielles de 2019 au regard de celles qui avaient accompagn\u00e9 le bicentenaire de 1969. Georges Pompidou vient d\u2019\u00eatre \u00e9lu en juin 1969 pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Il ne manque pas le rendez-vous d\u2019Ajaccio. Interrompant ses vacances au fort de Br\u00e9gan\u00e7on, il se rend sur l\u2019\u00eele de Beaut\u00e9, o\u00f9 en compagnie du ministre de la D\u00e9fense, Michel Debr\u00e9, mais \u00e9galement du prince Louis Napol\u00e9on, il prononce un discours dans lequel il salue l\u2019\u0153uvre unificatrice de l\u2019empereur, tant en France, qu\u2019en Allemagne ou en Italie, deux pays partenaires de la France dans la construction de l\u2019Europe des six. Reprenant les phrases pr\u00eat\u00e9es \u00e0 Napol\u00e9on par Las Cases \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique met du reste l\u2019accent sur le r\u00f4le de l\u2019empereur dans le d\u00e9veloppement de la construction europ\u00e9enne, avant de conclure par une phrase extraite de la d\u00e9claration d\u2019abdication du 22 juin 1815\u00a0: \u00ab <em>Unissez-vous tous pour le salut public et pour rester une nation ind\u00e9pendante<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un an \u00e0 peine apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements de mai 1968 et la victoire \u00e9crasante des gaullistes aux \u00e9lections l\u00e9gislatives de juin, les Fran\u00e7ais sont ainsi replong\u00e9s dans le souvenir de Napol\u00e9on. La France gaulliste devenue pompidolienne n\u2019a aucun mal \u00e0 exalter le chef d\u2019Etat qui a mis fin \u00e0 la R\u00e9volution, tout en jetant les bases d\u2019une France moderne, respect\u00e9e en Europe. Il ne s\u2019agit \u00e9videmment pas, \u00e0 l\u2019heure des balbutiements de la construction europ\u00e9enne, de magnifier l\u2019expansionnisme napol\u00e9onien, mais de montrer, \u00e0 travers ses exploits guerriers, la facult\u00e9 de la France \u00e0 conserver son ind\u00e9pendance et \u00e0 imposer \u00ab\u00a0<em>une certaine id\u00e9e de la France<\/em>\u00a0\u00bb. La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Napol\u00e9on ne pose pas de probl\u00e8me dans un pays en expansion, fier de son Concorde, de ses Mirages, du <em>France<\/em>, paquebot qui pr\u00e9cis\u00e9ment en cette ann\u00e9e du bicentenaire transporte les passionn\u00e9s de l\u2019Empire vers Sainte-H\u00e9l\u00e8ne. Qui plus est, Napol\u00e9on parvient\u00a0 \u00e0 faire quasiment l\u2019unanimit\u00e9 autour de son souvenir. M\u00eame le parti communiste, alors la principale force de gauche \u2013 son candidat \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de juin 1969, Jacques Duclos, est arriv\u00e9 en 3<sup>e<\/sup> position avec 21 % des suffrages exprim\u00e9s \u2013 accepte de s\u2019associer \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration du bicentenaire de sa naissance, voyant en lui l\u2019homme qui a r\u00e9ussi \u00e0 consolider les acquis de la R\u00e9volution. Partout, en France, des manifestations, des expositions sont organis\u00e9es pour comm\u00e9morer ce bicentenaire, des livres sont \u00e9dit\u00e9s, \u00e0 l\u2019image du <em>Napol\u00e9on<\/em> d\u2019Andr\u00e9 Castelot, qui rencontre un tr\u00e8s grand succ\u00e8s. Il vient pr\u00e9cis\u00e9ment d\u2019\u00eatre r\u00e9\u00e9dit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2019, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 se rendre \u00e0 Saint-Rapha\u00ebl pour comm\u00e9morer le soixante-quinzi\u00e8me anniversaire du d\u00e9barquement en Provence, insistant sur la participation de l\u2019Afrique \u00e0 cette lib\u00e9ration. La ville d\u2019Ajaccio avait pourtant d\u00e9cid\u00e9 de c\u00e9l\u00e9brer en grandes pompes l\u2019anniversaire de la naissance du plus c\u00e9l\u00e8bre de ses enfants. Trois jours de manifestations ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s avec en apoth\u00e9ose les f\u00eates du 15 ao\u00fbt auxquelles particip\u00e8rent notamment le pr\u00e9sident du S\u00e9nat, G\u00e9rard Larcher, second personnage de l\u2019Etat, et le prince Jean Christophe Napol\u00e9on, marchant sur les traces de son grand-p\u00e8re cinquante ans plus tard. A Paris, une c\u00e9r\u00e9monie \u00e9tait organis\u00e9e aux Invalides, \u00e0 l\u2019initiative du Souvenir napol\u00e9onien. Mais surtout en France, l\u2019ann\u00e9e a vu se multiplier les initiatives, notamment dans le cadre du label des villes imp\u00e9riales. D\u2019Autun \u00e0 Saint-Germain-en-Laye, en passant par Nice ou Sart\u00e8ne, les manifestations, rencontres imp\u00e9riales, ou cycles de conf\u00e9rences se sont multipli\u00e9s, attestant de l\u2019int\u00e9r\u00eat toujours vif port\u00e9 \u00e0 l\u2019empereur. A l\u2019\u00e9tranger, on s\u2019est aussi interrog\u00e9 sur ce paradoxe fran\u00e7ais qui voit le plus c\u00e9l\u00e8bre de ses ressortissants boud\u00e9s par les pouvoirs publics. Qu\u2019en sera-t-il en 2021 au moment du bicentenaire de la mort de Napol\u00e9on\u00a0? L\u2019implication de l\u2019Etat dans les comm\u00e9morations de cette disparition n\u2019est pas \u00e0 exclure. Pendant vingt ans, la R\u00e9publique a eu de tr\u00e8s grandes difficult\u00e9s \u00e0 comm\u00e9morer le bicentenaire du Consulat et de l\u2019Empire. Elle aura peut-\u00eatre plus de facilit\u00e9s \u00e0 rendre hommage \u00e0 un empereur mort.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Jacques-Olivier Boudon<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><em>Pr\u00e9sident de l\u2019Institut Napol\u00e9on<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>R\u00e9sum\u00e9s<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>La d\u00e9fense d\u2019Augereau en 1814. La ville de Lyon pouvait-elle tenir ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Pascal Cyr<\/p>\n<p>Napol\u00e9on n\u2019a cess\u00e9 de reprocher \u00e0 Augereau son inactivit\u00e9 au cours du si\u00e8ge de Lyon avant de lui attribuer une part de son propre \u00e9chec. Mais en inf\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique, avec 23\u00a0000 soldats contre 60\u00a0000 Autrichiens, Augereau dut faire face au manque d\u2019armes et d\u2019approvisionnement et au d\u00e9couragement de la population. Or il tient la ville de Lyon pendant pr\u00e8s de trois mois, aid\u00e9 il est vrai par la rigueur de l\u2019hiver. Et s\u2019il commit des erreurs tactiques dans sa tentative de contre-attaque \u00e0 la fin du mois de f\u00e9vrier, en divisant son arm\u00e9e, il ne disposait pas des moyens n\u00e9cessaires pour retourner la situation. Au contraire, sa r\u00e9sistance a immobilis\u00e9 60\u00a0000 hommes qui ne purent participer \u00e0 la campagne de France contre Napol\u00e9on.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Six dict\u00e9es de Napol\u00e9on en janvier 1814<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Charles-\u00c9loi Vial<\/p>\n<p>Conserv\u00e9es \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale de France, dans les archives du secr\u00e9tariat du grand mar\u00e9chal du Palais, six dict\u00e9es de Napol\u00e9on I<sup>er<\/sup> au g\u00e9n\u00e9ral Bertrand, dat\u00e9es du 2 au 22\u00a0janvier 1814,\u00a0viennent t\u00e9moigner du bref int\u00e9rim de major-g\u00e9n\u00e9ral de la Grande Arm\u00e9e, que celui-ci exer\u00e7a pendant quelques jours, en l\u2019absence du\u00a0mar\u00e9chal Berthier. Dans un\u00a0jeu\u00a0de questions et de r\u00e9ponses, Napol\u00e9on s\u2019enquiert des positions des r\u00e9giments et des faits et gestes de ses\u00a0mar\u00e9chaux et g\u00e9n\u00e9raux, Bertrand, parfaitement renseign\u00e9, lui fournissant sur-le-champ la r\u00e9ponse, calculant les temps de trajets et fixant les \u00e9tapes pour amener les hommes et les chevaux l\u00e0 o\u00f9 le d\u00e9sire l&rsquo;Empereur. Ces documents bruts montrent l\u2019\u00e9volution rapide des projets de Napol\u00e9on, confront\u00e9 \u00e0 l\u2019invasion du territoire de l\u2019Empire et t\u00e2chant d\u2019\u00e9laborer un \u00ab\u00a0plan de campagne\u00a0\u00bb pour ce qui devait devenir la campagne de France.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>Le Dithyrambie<\/em><\/strong><strong> sur la mort de Napol\u00e9on de Byron <\/strong><strong>et les le\u00e7ons des \u0153uvres apocryphes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Olivier Feignier<\/p>\n<p>La nouvelle de la mort de Napol\u00e9on atteignit Londres le 4 juillet 1821 et Paris le lendemain. Le 21 juillet, on assiste au d\u00e9clenchement d\u2019une avalanche de brochures napol\u00e9oniennes\u00a0parmi lesquelles <em>La Mort de Napol\u00e9on, dithyrambe traduit de l\u2019anglais de lord Byron, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une notice sur la vie et la mort de Napol\u00e9on Bonaparte, par Sir Thomas Moore<\/em>. <em>Troisi\u00e8me \u00e9dition, corrig\u00e9e et augment\u00e9e<\/em>. L\u2019original anglais n\u2019existe pas. Il s\u2019agit en effet d\u2019un \u00e9crit apocryphe dans lequel l\u2019auteur raconte les conditions de la d\u00e9tention de Napol\u00e9on et l\u2019approche de sa mort. Mais le nom de Byron suffit \u00e0 lui faire conna\u00eetre un succ\u00e8s consid\u00e9rable. Il fait l\u2019objet de plusieurs r\u00e9\u00e9ditions et imitations alors m\u00eame que le po\u00e8te n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 Londres et ne s\u2019est pas particuli\u00e8rement exprim\u00e9 sur le sujet de la mort de Napol\u00e9on.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>D\u2019exil en exil : le p\u00e9riple de deux volumes\u00a0 <\/strong><strong>de la biblioth\u00e8que de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Lauriane Iglesias<\/p>\n<p>La biblioth\u00e8que municipale class\u00e9e d\u2019Aix-en-Provence, dite biblioth\u00e8que M\u00e9janes, rec\u00e8le deux volumes qui ont fait partie de la biblioth\u00e8que personnelle de Napol\u00e9on \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, les tomes 4 et 5 de la <em>G\u00e9ographie de Strabon, traduite du<\/em> <em>grec en fran\u00e7ais<\/em>, \u00e9ni\u00e8me \u00e9dition fran\u00e7aise <em>in-quarto<\/em> de 1805-1819 du trait\u00e9 datant du I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle av. J-C. Ils ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne par lady Elizabeth Vassall Fox, baronne Holland, qui fut la principale pourvoyeuse de livres de Napol\u00e9on, puisqu\u2019elle lui adressa pas moins de 475 volumes. Les deux tomes de Strabon n\u2019ont gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 consult\u00e9s par Napol\u00e9on avant de repartir en Europe o\u00f9 ils connurent une destin\u00e9e myst\u00e9rieuse avant de se retrouver dans les fonds de la M\u00e9janes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on Num\u00e9ro 218 (2019-1) Editorial L\u2019ann\u00e9e 2019 est celle du cent-cinquanti\u00e8me anniversaire de la naissance de Napol\u00e9on Bonaparte. Elle a d\u00e9montr\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat persistant des Fran\u00e7ais, voire des Europ\u00e9ens, pour celui qui demeure un des personnages historiques les plus connus dans le monde. 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