{"id":876,"date":"2021-04-25T01:56:44","date_gmt":"2021-04-24T23:56:44","guid":{"rendered":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/?page_id=876"},"modified":"2021-04-26T00:22:54","modified_gmt":"2021-04-25T22:22:54","slug":"rin-numero-200-2010-1","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/rin-numero-200-2010-1\/","title":{"rendered":"RIN &#8211; Num\u00e9ro 200 (2010-1)"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-887 size-medium aligncenter\" src=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/200-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/200-200x300.jpg 200w, http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/200.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: 18pt;\">Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt;\"><strong>Num\u00e9ro 200 (2010-1)<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>Editorial<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je suis heureux d&rsquo;introduire aujourd&rsquo;hui le num\u00e9ro 200 de la <em>Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on<\/em>. C&rsquo;est un chiffre symbolique qui m\u00e9rite que l&rsquo;on s&rsquo;y arr\u00eate. Il invite surtout \u00e0 se retourner sur les 199 num\u00e9ros qui l&rsquo;ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. C&rsquo;est en 1938 que Philippe Sagnac, alors pr\u00e9sident de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on, signait le premier \u00e9ditorial de la Revue. L&rsquo;Institut avait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 six ans plus t\u00f4t par Edouard Driault qui dirigeait alors la <em>Revue des Etudes napol\u00e9oniennes<\/em>. Celle-ci avait donc logiquement servi de lieu d&rsquo;accueil aux travaux consacr\u00e9s \u00e0 la p\u00e9riode napol\u00e9onienne tandis que l&rsquo;Institut se contentait d&rsquo;\u00e9diter un bulletin de liaison. Philippe Sagnac, qui a succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Edouard Driault en 1935 \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on, lance une nouvelle revue qui se donne pour programme de rendre compte de l&rsquo;actualit\u00e9 de la recherche sur l&rsquo;\u00e9poque napol\u00e9onienne en France et dans le monde. Il dresse dans son premier \u00e9ditorial un bilan historiographique des travaux men\u00e9s sur Napol\u00e9on depuis les ann\u00e9es 1890, marquant une diff\u00e9rence nette entre les premiers historiens de l&rsquo;Empire parmi lesquels Thiers, et les historiens positivistes qui \u00e9mergent \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, \u00e0 l&rsquo;instar d&rsquo;Albert Sorel, Albert Vandal, Henry Houssaye, Fr\u00e9d\u00e9ric Masson, Lacour-Gayet, ou encore Georges Pariset, Andr\u00e9 Fugier, Jacques Godechot ou Andr\u00e9 Latreille. Sagnac est sans exclusive quand il cite parmi les historiens r\u00e9cents de Napol\u00e9on aussi bien Louis Madelin\u00a0 que Georges Lefebvre dont il n&rsquo;oublie pas qu&rsquo;il lui a command\u00e9 un Napol\u00e9on pour la collection Peuples et Civilisations et que Lefebvre lui a succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 la Sorbonne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais Philippe Sagnac d\u00e9veloppe aussi un programme de recherches en insistant sur les domaines encore \u00e0 d\u00e9fricher, \u00e9voquant notamment l&rsquo;histoire int\u00e9rieure de la France napol\u00e9onienne &#8211; il appelle de ses voeux un tableau de la France en 1800 -, et en particulier l&rsquo;\u00e9conomie. Trois quarts de si\u00e8cle plus tard, et malgr\u00e9 les \u00e9tudes de Fran\u00e7ois Crouzet ou Louis Bergeron, le constat est sur ce point toujours d&rsquo;actualit\u00e9. Il nous manque toujours aussi une grande \u00e9tude sur les campagnes fran\u00e7aises et l&rsquo;\u00e9conomie rurale. De m\u00eame Sagnac invitait \u00e0 une \u00e9tude des r\u00e9percussions de la R\u00e9volution par r\u00e9gion, \u00e0 partir de l&rsquo;analyse des \u00e9tudes notariales. Le travail a \u00e9t\u00e9 partiellement conduit sur les transferts de propri\u00e9t\u00e9s li\u00e9s aux mutations cons\u00e9cutives aux ventes des biens nationaux, mais les effets li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;application du <em>Code civil<\/em> en mati\u00e8re d&rsquo;h\u00e9ritage sont encore \u00e0 mesurer. Sagnac reconna\u00eet que l&rsquo;histoire militaire de l&rsquo;Empire a largement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des recherches men\u00e9es au sein de l&rsquo;Etat-major, mais en appelle \u00e0 un effort de synth\u00e8se en la mati\u00e8re. Aujourd&rsquo;hui, la perspective s&rsquo;est modifi\u00e9e, les recherches sur l&rsquo;Empire s&rsquo;int\u00e9grant dans le cadre de <em>War studies<\/em> qui font une large place aux interactions entre le fait militaire, la soci\u00e9t\u00e9, l&rsquo;\u00e9conomie ou les relations internationales. Mais cette nouvelle histoire militaire doit aussi s&rsquo;attacher \u00e0 la condition de vie des soldats, favoriser une lecture anthropologique de la guerre et ne peut que s&rsquo;enrichir d&rsquo;\u00e9tudes \u00e0 caract\u00e8re prosopographique sur les officiers en particulier, sans oublier que bien avant que ce type de recherches ne soient \u00e0 la mode, Georges Six s&rsquo;y \u00e9tait attel\u00e9. La question des pertes de guerre doit \u00e9galement \u00eatre approfondie, \u00e0 partir d&rsquo;\u00e9tudes de cas pr\u00e9cis comme celles propos\u00e9es par Bernard et Danielle Quintin. Mais elle doit aussi s&rsquo;inscrire dans le cadre de nouvelles recherches sur la d\u00e9mographie de l&rsquo;Europe \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque napol\u00e9onienne. Sagnac enfin s&rsquo;interrogeait en 1938 sur les cons\u00e9quences \u00e0 moyen terme des conqu\u00eates napol\u00e9oniennes sur l&rsquo;Europe, interrogation toujours d&rsquo;actualit\u00e9 comme le montre l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des bicentenaires des diverses occupations fran\u00e7aises, que ce soit en Italie, en Allemagne, en Espagne ou dans les Provinces illyriennes. Le colloque qu&rsquo;organiseront en octobre 2011 les universit\u00e9s de Bruxelles et de Lille III et auquel l&rsquo;Institut Napol\u00e9on est associ\u00e9, sera \u00e9galement consacr\u00e9 \u00e0 cette question.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certes soixante-treize ans apr\u00e8s son lancement, la <em>Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on<\/em> doit prendre en compte les nouvelles interrogations nourries par les d\u00e9bats historiographiques contemporains, mais sans oublier que l&rsquo;histoire napol\u00e9onienne est une histoire riche qui ne saurait omettre les recherches men\u00e9es par les historiens plus anciens dont beaucoup ont du reste publi\u00e9 dans la <em>RIN<\/em> les premiers r\u00e9sultats de leurs recherches. Les tables de la Revue parues en 1997, comme le compl\u00e9ment propos\u00e9 dans ce num\u00e9ro, en attestent. Ce bilan de pr\u00e8s de trois quarts de si\u00e8cle de production sur l&rsquo;Empire est donc une invitation \u00e0 poursuivre et \u00e0 enrichir, notamment sur le plan international, les travaux sur l&rsquo;\u00e9poque napol\u00e9onienne et sa m\u00e9moire.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Jacques-Olivier Boudon<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><em>Pr\u00e9sident de l\u2019Institut Napol\u00e9on<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>R\u00e9sum\u00e9s<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Les Transferts culturels forc\u00e9s. <\/strong><strong>L\u2019opinion publique allemande <\/strong><strong>et les conqu\u00eates artistiques fran\u00e7aises. 1794-1815<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par B\u00e9n\u00e9dicte Savoy<\/p>\n<p>A partir de 1794, l\u2019Allemagne a \u00e9t\u00e9 un terrain privil\u00e9gi\u00e9 de saisies d\u2019\u0153uvres d\u2019art, ph\u00e9nom\u00e8ne qui s\u2019amplifie sous l\u2019Empire, sous l\u2019entremise notamment de Vivant Denon. L\u2019opinion allemande s\u2019\u00e9meut peu au d\u00e9but de ces saisies, la presse n\u2019en parle pas alors qu\u2019elle critique les r\u00e9quisitions faites en Italie. L\u2019attention port\u00e9e par les artistes allemands aux spoliations en Italie renvoie \u00e0 une identit\u00e9 plus italienne que germanique\u00a0; beaucoup de ces artistes vivent ou ont v\u00e9cu en Italie. Mais avec le d\u00e9but du Consulat, la paix retrouv\u00e9e en Europe favorise les voyages vers la France qui appara\u00eet alors comme un lieu de conservation des tr\u00e9sors de la culture europ\u00e9enne. En 1807, les visiteurs allemands peuvent aussi admirer au Mus\u00e9e Napol\u00e9on les oeuvres d\u2019art\u00a0 prises apr\u00e8s la campagne de 1806 et red\u00e9couvrir un patrimoine qu\u2019ils m\u00e9connaissaient, notamment les tableaux de la Renaissance. Ceux-ci seront du reste revendiqu\u00e9s avec force en 1815 comme symboles de l\u2019identit\u00e9 allemande. La grande exposition organis\u00e9e \u00e0 Berlin en 1815 des \u0153uvres d\u2019art reconquises affirme ce nouveau regard sur l\u2019art allemand.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Un t\u00e9moin du 18 Brumaire et des premi\u00e8res ann\u00e9es du Consulat\u00a0: <\/strong><strong>le d\u00e9put\u00e9 Riffard Saint-Martin<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Jacques-Olivier Boudon<\/p>\n<p>Le Journal tenu par Riffard Saint-Martin, d\u00e9put\u00e9 \u00e0 la Constituante, \u00e0 la Convention, aux Cinq-Cents et enfin au Corps l\u00e9gislatif offre un t\u00e9moignage de premier plan sur le coup d\u2019\u00e9tat de Brumaire et les premi\u00e8res mesures prises par Bonaparte. Attach\u00e9 \u00e0 la R\u00e9publique et \u00e0 la libert\u00e9, tr\u00e8s hostile aux jacobins comme aux royalistes, Riffard Saint-Martin approuve le principe d\u2019un renforcement du r\u00e9gime, mais pas la m\u00e9thode employ\u00e9e le 19 brumaire. Absent le soir de Saint-Cloud, il n\u2019en est pas moins replac\u00e9 dans le Corps l\u00e9gislatif o\u00f9 tr\u00e8s vite il prend ses distances avec le r\u00e9gime et appartient au petit noyau d\u2019opposants que Bonaparte \u00e9limine de l\u2019assembl\u00e9e lors de l\u2019\u00e9puration de 1802. Il s\u2019est oppos\u00e9 au titre 1<sup>er<\/sup> du <em>Code civil<\/em> comme au Concordat, exprimant le point de vue des mod\u00e9r\u00e9s hostiles \u00e0 l\u2019\u00e9volution autoritaire du r\u00e9gime. Pour autant, il n\u2019entre pas dans une opposition syst\u00e9matique, se retire de la vie politique nationale, en se repliant en Ard\u00e8che dont il est un des grands notables et cesse de tenir son journal. Il r\u00e9int\u00e8gre finalement le Corps l\u00e9gislatif en 1809.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>Abstracts<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Forced cultural transfers.\u00a0 <\/strong><strong>The german public opinion <\/strong><strong>and the french artistic appropriations. <\/strong><strong>1794-1815<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by B\u00e9n\u00e9dicte Savoy<\/p>\n<p>Starting in 1794, the seizure of works of arts was specially large in Germany. A phenomenon even increased during the Empire due, among others, to the influence of Vivant Denon. At the beginning, German opinion seemed little concerned by this plundering. The press didn\u2019t even mentioned it while criticizing the same actions in Italy. The concerns of German artists about the situation in Italy look like personal feelings towards a country where many of them lived or had lived in. But, during the Consulate, the return to peace in Europe favoured the travels to France which appeared then as a safe conservatory for the treasures of european culture. In 1807, German visitors to the Mus\u00e9e Napol\u00e9on could admire works of art taken after the 1806 campaign and rediscover a patrimony they little knew, notably the Renaissance paintings. These works were strongly claimed in 1815 as symbols of German identity. In 1815, the great exhibition gathering in Berlin the works repatriated in the country shows this new focus on German art.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>A whitness of the 18 Brumaire <\/strong><strong>and the first years of the Consulate : <\/strong><strong>the deputy Riffard Saint-Martin<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Jacques-Olivier Boudon<\/p>\n<p>The diary of Riffard Saint-Martin, member of the <em>Constituante<\/em>, of the <em>Convention<\/em>, of the <em>Cinq-Cents<\/em> council and of the <em>Corps l\u00e9gislatif<\/em>\u00a0 brings a first hand testimony on the Brumaire coup and on Bonaparte\u2019s first decisions. Riffard Saint-Martin was attached to the Republic and to liberty while very hostile to the Jacobins or the Royalists. So he approved the principle of a strenghtening of the regime but not how it was conducted on the 19 Brumaire. Missing during the evening at Saint-Cloud, he was nevertheless included in the <em>Corps l\u00e9gislatif<\/em> where, quickly he kept his distance with the regime and belonged to the little group of opponents which was cleared from the assembly by Bonaparte during the 1802 purge. He opposed the Title one of the <em>Code civil<\/em> as well as the <em>Concordat<\/em>, expressing the point of view of the moderates who were hostile to the arbitrary evolution of the regime. Yet, he did not entered into a systematic opposition then retired from the political scene in the Ard\u00e8che region where he was a proeminent personality without stopping writing his diary. Finally, he returned to the <em>Corps l\u00e9gislatif<\/em> in 1809.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on Num\u00e9ro 200 (2010-1) Editorial Je suis heureux d&rsquo;introduire aujourd&rsquo;hui le num\u00e9ro 200 de la Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on. 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