{"id":874,"date":"2021-04-25T01:53:00","date_gmt":"2021-04-24T23:53:00","guid":{"rendered":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/?page_id=874"},"modified":"2021-04-26T00:23:13","modified_gmt":"2021-04-25T22:23:13","slug":"rin-numero-201-2010-2","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/rin-numero-201-2010-2\/","title":{"rendered":"RIN &#8211; Num\u00e9ro 201 (2010-2)"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-888 size-medium aligncenter\" src=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/201-201x300.jpg\" alt=\"\" width=\"201\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/201-201x300.jpg 201w, http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/201.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 201px) 100vw, 201px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: 18pt;\">Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt;\"><strong>Num\u00e9ro 201 (2010-2)<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>Editorial<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9cente r\u00e9\u00e9dition des <em>M\u00e9moires<\/em> du comte de S\u00e9gur arrive opportun\u00e9ment, alors que l&rsquo;on s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 comm\u00e9morer le bicentenaire de la campagne de Russie. Le deuxi\u00e8me volume des m\u00e9moires reprend en effet int\u00e9gralement le texte de son <em>Histoire de Napol\u00e9on et de la Grande Arm\u00e9e pendant l&rsquo;ann\u00e9e 1812<\/em>, que le comte Philippe de S\u00e9gur avait publi\u00e9 en 1824, suscitant une vive r\u00e9action chez les partisans inconditionnels de Napol\u00e9on. Il n&rsquo;est pas certain que, deux cents ans apr\u00e8s, l&rsquo;ouvrage provoque encore l&rsquo;\u00e9moi, mais trois ans seulement apr\u00e8s la mort de Napol\u00e9on, la question de sa responsabilit\u00e9 dans le d\u00e9sastre de Russie \u00e9tait extr\u00eamement sensible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S\u00e9gur n&rsquo;est pas le premier \u00e0 mettre en cause Napol\u00e9on. Dix ans avant lui, Eug\u00e8ne Labaume avait publi\u00e9 une <em>Relation circonstanci\u00e9e de la campagne de Russie<\/em>, permettant du reste \u00e0 Napol\u00e9on de lui r\u00e9pondre. Dans le <em>M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em>, il se livre en effet \u00e0 une critique, non du r\u00e9cit des \u00e9v\u00e9nements lui-m\u00eame qu&rsquo;il trouve juste, mais des assertions prof\u00e9r\u00e9es contre lui par Labaume, qu&rsquo;il consid\u00e8re ajout\u00e9es apr\u00e8s coup pour plaire au nouveau r\u00e9gime. Cette discussion du livre de Labaume est surtout pour Napol\u00e9on l&rsquo;occasion de d\u00e9noncer les auteurs qui s&rsquo;en sont pris \u00e0 son action en Russie les qualifiant d&rsquo;ennemis de la patrie. Et il se d\u00e9douane en imputant la cause des d\u00e9sastres \u00e0 l&rsquo;hiver russe, minimisant les pertes et concluant que l&rsquo;on ne peut parler de \u00ab\u00a0retraite\u00a0\u00bb d\u00e8s lors que l&rsquo;arm\u00e9e qui se replie est victorieuse. Ainsi s&rsquo;impose une version officielle de la campagne que se refuse \u00e0 suivre S\u00e9gur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La force du livre de S\u00e9gur qui conna\u00eet un succ\u00e8s imm\u00e9diat tient sans doute \u00e0 sa vision nuanc\u00e9e des \u00e9v\u00e9nements, au-del\u00e0 des inexactitudes de d\u00e9tail relev\u00e9es par ses d\u00e9tracteurs, et \u00e0 la qualit\u00e9 de son style. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une charge unilat\u00e9rale contre Napol\u00e9on, qui en plusieurs endroits appara\u00eet toujours aur\u00e9ol\u00e9 de son prestige naturel et pour lequel S\u00e9gur conserve une certaine admiration, par exemple au moment de la travers\u00e9e de la B\u00e9r\u00e9zina, mais les critiques sont fortes. Elles portent sur les raisons m\u00eames qui l&rsquo;ont conduit \u00e0 s&rsquo;attaquer \u00e0 la Russie, sur la d\u00e9cision de d\u00e9passer Smolensk pour aller jusqu&rsquo;\u00e0 Moscou, sur le choix de la route du retour, sur le d\u00e9part pr\u00e9cipit\u00e9 de la Grande Arm\u00e9e, S\u00e9gur reprochant \u00e0 Napol\u00e9on de ne pas avoir \u00e0 chaque fois \u00e9cout\u00e9 ses proches. Il cherche aussi \u00e0 expliquer son attitude par une sant\u00e9 d\u00e9faillante, une f\u00e9brilit\u00e9 inaccoutum\u00e9e notamment \u00e0 la Moskowa.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La publication du livre suscite la pol\u00e9mique. De nombreux officiers saluent l&rsquo;oeuvre de S\u00e9gur, dans laquelle ils se sont retrouv\u00e9s. D&rsquo;autres ne peuvent admettre ses critiques \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de Napol\u00e9on. C&rsquo;est le cas du g\u00e9n\u00e9ral Gourgaud, ancien compagnon de Napol\u00e9on \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, qui envoie \u00e0 S\u00e9gur une s\u00e9rie d&rsquo;observations afin qu&rsquo;il amende les \u00e9ditions suivantes de son livre, lesquelles paraissent sans changement, ce qui conduit Gourgaud \u00e0 publier un <em>Examen critique de l&rsquo;ouvrage de M. le comte de S\u00e9gur<\/em>, dans lequel il se livre \u00e0 une analyse tr\u00e8s pr\u00e9cise de ce travail, noyant souvent ses r\u00e9flexions dans une accumulation de d\u00e9tails. L&rsquo;affaire s&rsquo;envenime, la presse se passionne pour le d\u00e9bat qui s&rsquo;ach\u00e8ve par un duel le 14 juillet 1825, au cours duquel les deux hommes sont bless\u00e9s (voir la biographie de Gourgaud par Jacques Mac\u00e9). En pleine Restauration, Napol\u00e9on se retrouve ainsi au coeur de l&rsquo;actualit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9bat n&rsquo;est pas clos. Il est repris par d&rsquo;autres m\u00e9morialistes, \u00e0 l&rsquo;instar du g\u00e9n\u00e9ral Marbot, tr\u00e8s critique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de S\u00e9gur, mais qui souligne aussi que Gourgaud fut \u00ab\u00a0<em>trop louangeur pour l&#8217;empereur<\/em>\u00a0\u00bb. Marbot n&rsquo;en reprend pas moins la version officielle de la campagne d\u00e9douanant largement Napol\u00e9on de toute responsabilit\u00e9, y compris \u00e0 propos des probl\u00e8mes de ravitaillement. Il qualifie d&rsquo;exag\u00e9ration les sc\u00e8nes de d\u00e9solation relat\u00e9es par S\u00e9gur, minimisant <em>in fine<\/em> l&rsquo;\u00e9tendue des pertes subies par la Grande Arm\u00e9e. Le succ\u00e8s des m\u00e9moires de Marbot n&rsquo;est pas moindre que celui du livre de S\u00e9gur. Mais ils paraissent dans les ann\u00e9es 1890, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le souvenir du d\u00e9sastre s&rsquo;est estomp\u00e9, et contribuent ainsi \u00e0 l&rsquo;essor de la l\u00e9gende dor\u00e9e de Napol\u00e9on.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il reviendra, au cours des prochains mois, aux historiens, forts de ces t\u00e9moignages et des d\u00e9bats qu&rsquo;ils ont suscit\u00e9s, de reprendre la question \u00e0 nouveau frais pour \u00e9clairer les diff\u00e9rentes facettes et comprendre les diff\u00e9rentes responsabilit\u00e9s de ce qui demeure un d\u00e9sastre humain.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Jacques-Olivier Boudon<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><em>Pr\u00e9sident de l\u2019Institut Napol\u00e9on<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>R\u00e9sum\u00e9s<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Antoine Marie et Henri Simon Boulard <\/strong><strong>deux d\u00e9put\u00e9s, deux parcours dans le si\u00e8cle des Bonaparte<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Christian Bigaut<\/p>\n<p>Portrait d&rsquo;une dynastie de d\u00e9put\u00e9s du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle issue du monde du notariat parisien. Antoine Marie Henri Boulard, n\u00e9 en 1754, f\u00e9ru de lettres, ne prend pas part aux \u00e9v\u00e9nements r\u00e9volutionnaires, mais est nomm\u00e9 maire du IX<sup>e<\/sup> arrondissement de Paris en 1800, puis entre au Corps l\u00e9gislatif en 1803 tout en conservant des fonctions \u00e0 la chambre des notaires de Paris. Bibliophile av\u00e9r\u00e9, il poss\u00e8de une des plus imposantes biblioth\u00e8ques de Paris vendue \u00e0 sa mort en 1825. Son fils, Henri Simon Boulard (1783-1861), assure la continuit\u00e9 professionnelle et politique en travaillant dans l&rsquo;ombre de son p\u00e8re comme notaire puis en \u00e9tant maire du IX<sup>e <\/sup>arrondissement de Paris de 1815 \u00e0 1821, puis d\u00e9put\u00e9 de l&rsquo;Oise, o\u00f9 son p\u00e8re poss\u00e9dait un ch\u00e2teau \u00e0 Plainval, en 1824. Il abandonne la vie politique au d\u00e9but de la Monarchie de Juillet, se pr\u00e9sente \u00e0 nouveau aux \u00e9lections l\u00e9gislatives en 1849, mais est battu. Il devient toutefois maire de Plainval en 1849 et est confirm\u00e9 par le Second Empire. Son fils, Henri Charles Gustave Boulard (1819-1886), le remplace \u00e0 la t\u00eate de la mairie de Plainval en 1858 et si\u00e8ge au conseil g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Oise de 1867 \u00e0 1871.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Le Lys et les abeilles :\u00a0<\/strong><strong>Louis de Bonald et Bonaparte <\/strong><strong>Un penseur royaliste sous le Consulat et l\u2019Empire<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Flavien-Alexandre Bertran de Balanda de Falgui\u00e8re<\/p>\n<p>Parmi les contre-r\u00e9volutionnaires europ\u00e9ens, Bonald fait figure de v\u00e9ritable monument\u00a0: intransigeance et inflexibilit\u00e9 semblent les ma\u00eetres mots de celui qui deviendra la principale plume du parti ultra. Comment d\u00e8s lors va-t-il consid\u00e9rer l\u2019\u00e9pisode consulaire puis imp\u00e9rial\u00a0? Usurpation, voire Trahison\u00a0? Ou tentative de r\u00e9tablir l\u2019Ordre dans un pays ravag\u00e9 par la R\u00e9volution\u00a0? La r\u00e9ponse est ambigu\u00eb. Napol\u00e9on, de son c\u00f4t\u00e9, admire l\u2019\u0153uvre du penseur et inlassablement tente de le prendre \u00e0 son service, lui proposant sans rel\u00e2che places et honneurs. Bonald s\u2019obstinera dans le refus, malgr\u00e9 sa situation mat\u00e9rielle d\u00e9licate. Pourtant, apr\u00e8s onze ann\u00e9es de surdit\u00e9 aux appels imp\u00e9riaux, il finira, en 1810, par accepter d\u2019entrer au Conseil de l\u2019Universit\u00e9. C\u2019est \u00e9galement une p\u00e9riode o\u00f9, \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de faits impr\u00e9vus, son syst\u00e8me philosophique \u2013 r\u00e9put\u00e9 monolithique \u2013 se nuance et s\u2019enrichit de conceptions nouvelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Un \u00e9migr\u00e9 d\u00e9bout\u00e9 du ralliement \u00e0 l\u2019Empire. <\/strong><strong>Les tribulations du marquis de Tilly-Blaru et la d\u00e9couverte <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>d\u2019une ode inconnue compos\u00e9e <\/strong><strong>pour le couronnement de l\u2019empereur<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Sergey N. Iskyul<\/p>\n<p>Charles Louis Auguste Casimir Marie marquis de Tilly-Blaru (1754-1812), \u00e9migr\u00e9 pendant la R\u00e9volution, \u00e9tait surveill\u00e9 par la police depuis son retour en France en 1801. Dubois le fait arr\u00eater en septembre 1804. On trouve en sa possession une <em>Ode en l&rsquo;honneur de Napol\u00e9on<\/em>, jug\u00e9e peu conforme aux principes de l&#8217;empereur, notamment parce que son auteur y r\u00e9clamait le r\u00e9tablissement de la noblesse. Consid\u00e9r\u00e9 comme suspect, Tilly Blaru est ensuite envoy\u00e9 en r\u00e9sidence surveill\u00e9e \u00e0 Lyon. Revenu \u00e0 Paris, il est de nouveau l&rsquo;objet d&rsquo;une d\u00e9nonciation en 1808 et est arr\u00eat\u00e9. On retrouve dans ses papiers plusieurs pi\u00e8ces dont certaines sont jug\u00e9es douteuses comme une \u00e9pitaphe en l&rsquo;honneur du duc d&rsquo;Enghien ou des vers ambigus sur les Beauharnais. Tilly-Blaru expliqua les avoir \u00e9crits sur commande, mais n&rsquo;en fut pas moins envoy\u00e9 au Temple, puis transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Vincennes o\u00f9 il meurt en 1813. L&rsquo;<em>Ode compos\u00e9e \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement du Premier Consul, Napol\u00e9on Bonaparte, au tr\u00f4ne imp\u00e9rial de France<\/em>, conserv\u00e9e dans les Archives de la Pr\u00e9fecture de Police de Paris, est publi\u00e9e ici pour la premi\u00e8re fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Aspects tactiques de la campagne de 1806<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Bruno Colson<\/p>\n<p>Les Prussiens en 1806 ont \u00e9t\u00e9 vaincus sur leur propre terrain, celui de la tactique o\u00f9 ils se croyaient les plus forts. Form\u00e9s par l\u2019excellente \u00e9cole de Fr\u00e9d\u00e9ric II, leurs officiers avaient pourtant bien compris les principes de base de toute bataille. Ils croyaient en la rapidit\u00e9 des mouvements, \u00e0 l\u2019offensive, \u00e0 l\u2019attaque massive sur le point d\u00e9cisif et ils eurent la surprise de voir les Fran\u00e7ais faire tout cela mieux qu\u2019eux. A Saalfeld en effet, les Fran\u00e7ais donnent aux Prussiens une le\u00e7on de mobilit\u00e9 tactique. A I\u00e9na, la force morale joue en faveur des fantassins fran\u00e7ais face \u00e0 la cavalerie prussienne. A Auerstadt, l\u2019arm\u00e9e de Davout manifeste une plus grande aisance dans la man\u0153uvre, tandis que son chef sait parfaitement utiliser les mouvements pr\u00e9visibles de ses adversaires qui avancent comme \u00e0 la man\u0153uvre. La diff\u00e9rence ne tient pas \u00e0 l\u2019ardeur au combat, patente des deux c\u00f4t\u00e9s, d\u2019o\u00f9 des batailles longues et \u00e2pres, mais tient \u00e0 une meilleure organisation c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais &#8211; la r\u00e9partition en corps d\u2019arm\u00e9e autonomes s\u2019av\u00e9rant plus efficace -, \u00e0 l\u2019usage des tirailleurs et enfin \u00e0 une grande habilet\u00e9 \u00e0 utiliser les localit\u00e9s dont au contraire les Prussiens se m\u00e9fient.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Pierre Dardenne et l\u2019\u00e9criture de la guerre <\/strong><strong>au d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Jacques Hantraye<\/p>\n<p>Les <em>Lettres historiques<\/em> de Pierre Dardenne constituent un document rare sur l\u2019invasion et l\u2019occupation de 1814 dans la mesure o\u00f9 elles \u00e9manent d\u2019un civil et concernent essentiellement les civils. Elles sont l\u2019\u0153uvre d\u2019un scientifique, professeur au coll\u00e8ge de Chaumont, que la guerre place en vacances forc\u00e9es. Ce t\u00e9moignage, publi\u00e9 environ 20 ans apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements sous forme de lettres, est quasiment d\u2019ordre ethnologique. Ce que Pierre Dardenne \u00e9crit est v\u00e9rifi\u00e9 par ailleurs par la documentation existante. Ce texte fut appr\u00e9ci\u00e9 \u00e0 sa juste mesure par les historiens de la seconde moiti\u00e9 du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p>L\u2019auteur d\u00e9crit l\u2019invasion, m\u00eame s\u2019il ne voit pas tout et que Chaumont fut relativement \u00e9pargn\u00e9e par les combats. Il s\u2019int\u00e9resse beaucoup \u00e0 l\u2019information et critique la propagande. Dardenne observe les personnages importants, qui s\u00e9journent \u00e0 Chaumont, tout en s\u2019int\u00e9ressant aux relations entre Fran\u00e7ais et Alli\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>Abstracts<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Antoine Marie<\/strong><strong> and Henri Simon Boulard two deputies, two paths through the Age of the Bonapartes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Christian Bigaut<\/p>\n<p>Portrait of a dynasty of members of the National Assembly of the nineteenth century\u00a0 originating from the world of Parisian notaries. Antoine Marie Henri Boulard, born in 1754, a keen man of letters, does not take part in revolutionary events, but is appointed mayor of the ninth district of Paris in 1800, he then joins the Legislature in 1803 whilst retaining his post in the Paris Chamber of Notaries. A true bibliophile, he has one of the prominent libraries of Paris, which is sold upon his death in 1825. His son, Henri Boulard Simon (1783-1861), ensures the professional and political continuity by working in the shadow of his father as a notary, then as mayor of the ninth district of Paris from 1815 to 1821, and in 1824 as member of the National Assembly for the Oise department, where his father owned a ch\u00e2teau in Plainval. He abandoned politics at the beginning of the July Monarchy, to emerge once again, and be ultimately defeated, in the parliamentary elections of 1849. However, he becomes mayor of Plainval in 1849 and is reelected under the Second Empire. His son, Henri Charles Gustave Boulard (1819-1886), replaces him at the head of the municipality of Plainval in 1858 and serves on the General Council of the Oise from 1867 to 1871.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>The Lily and the Bees: Louis de Bonald and Bonaparte. <\/strong><strong>A<\/strong><strong> Royalist Philosopher under the Consulate and the Empire<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Flavien-Alexandre Bertran de Balanda de Falgui\u00e8re<\/p>\n<p>Among the European counter-revolutionaries Bonald is a true monument, intransigence and inflexibility seem to be the key words that best describe the man who was to become the leading writer of the ultra party. How would he fare under the consular and imperial episodes? Usurpation? Maybe even Treason? Or will he attempt to restore order in a country ravaged by the Revolution? The answer is ambiguous. Napoleon admires the work of the philosopher and tirelessly attempts to bring him into his service, relentlessly offering him appointments and honours. Bonald persists in refusing all offers, despite his difficult financial situation. However, after eleven years of ignoring the Emperors\u2019 pleas, he eventually relents and agrees to become counsellor of the Imperial University in 1810. It is also a period in which unforeseen events will put his philosophical system &#8211; said to be without compromise &#8211; to the test resulting in subtle nuances and enriching it with new ideas.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>An emigrant<\/strong><strong> rejects the rally to the Empire. <\/strong><strong>The tribulations<\/strong><strong> of the Marquis de Tilly-Blaru and the discovery of an unknown ode composed for the coronation of the Emperor<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Sergey N. Iskyul<\/p>\n<p>Charles Louis Auguste Casimir Marie, Marquis de Tilly-Blaru (1754-1812), emigrated during the Revolution, and was constantly under police surveillance after his return to France in 1801. Dubois had him arrested in September 1804. An O<em>de<\/em><em> in <\/em><em>Honour<\/em> <em>of Napoleon<\/em> is found in his possession, and is judged to be inconsistent with the principles of the Emperor, particularly because the author reclaims the restoration of the nobility. Considered suspect, Tilly Blaru is put under house arrest in Lyon. Upon his return to Paris, he is once again the victim of a denunciation and is arrested in 1808. There are several documents amongst his papers, some of which are considered questionable, such as an epitaph in honour of the Duc d&rsquo;Enghien and ambiguous verse about Beauharnais. Tilly-Blaru explained that the texts were commissioned works; however he was nonetheless sent to the Temple Prison and then eventually moved to Vincennes, where he died in 1813. The <em>Ode<\/em><em> composed at the advent of the First Consul Napoleon Bonaparte to the imperial throne of France<\/em>, now kept in the Archives of the Prefecture of Police of Paris, is published here for the first time.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Tactical views on the campaign of 1806<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Bruno Colson<\/p>\n<p>In 1806, the Prussians were defeated on their own grounds, i.e. the tactics in which they believed to have a clear superiority. However, their officers trained at the excellent school of Frederic II had well understood all the basic principles of any battle. They had confidence in fast moves, offensives, massive attacks on crucial sectors but they were surprised to see how the French did all that better than them. In fact, at Saalfeld, the French gave the Prussians a lesson of tactical mobility. At Iena, mental strenght gave the advantage to the French infantry opposed to the Prussian cavalry. At Auerstadt, Davout\u2019s army showed a better easiness in the scheme while its commander knew perfectly how to take advantage of the predictable moves of the enemy proceeding as during an exercise. The gap was not due to a fighting spirit strong on each side ending in long and harsh battles but to a better arrangement of the French. Their division into separate corps proved to be more efficient as well as the use of sharpshooters and their skills in taking advantage of the places as the Prussians distrust them.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Pierre<\/strong><strong> Dardenne and writings of the war <\/strong><strong>in the early nineteenth<\/strong><strong> century<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Jacques Hantraye<\/p>\n<p>Pierre Dardenne\u2019s <em>Lettres historiques<\/em> appear to be a rare document because it deals with the daily life of civilians at the end of the napoleonic wars. It is also the work of a scientist, who used to be a teacher at Chaumont\u2019s college, in Eastern France.<\/p>\n<p>His testimony, published nearly 20 years after the events he describes, is almost an ethnological one. The facts that he quotes can be checked among the archives which remain in the town of Chaumont.<\/p>\n<p>Dardenne\u2019s book, which was highly praised by many french historians of the second half of the 19<sup>th<\/sup> century, describes the invasion of 1814, though Chaumont was far away from the battlefieds of central Champagne.<\/p>\n<p>Dardenne is deeply interested in information and propaganda, which he\u2019s able to criticize. As he doesn\u2019t work during the foreign occupation, he spends his time observing prominent people who stay at Chaumont. He also examines the relations between French people and european\u00a0 invaders.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on Num\u00e9ro 201 (2010-2) Editorial La r\u00e9cente r\u00e9\u00e9dition des M\u00e9moires du comte de S\u00e9gur arrive opportun\u00e9ment, alors que l&rsquo;on s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 comm\u00e9morer le bicentenaire de la campagne de Russie. Le deuxi\u00e8me volume des m\u00e9moires reprend en effet int\u00e9gralement le texte de son Histoire de Napol\u00e9on et de la Grande Arm\u00e9e pendant l&rsquo;ann\u00e9e [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"spay_email":""},"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/874"}],"collection":[{"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=874"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/874\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":910,"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/874\/revisions\/910"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=874"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}