{"id":872,"date":"2021-04-25T01:47:48","date_gmt":"2021-04-24T23:47:48","guid":{"rendered":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/?page_id=872"},"modified":"2021-04-26T00:23:36","modified_gmt":"2021-04-25T22:23:36","slug":"rin-numero-202-203-2011-1-2","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/rin-numero-202-203-2011-1-2\/","title":{"rendered":"RIN &#8211; Num\u00e9ro 202-203 (2011 : 1-2)"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-889 size-medium aligncenter\" src=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/202-203-202x300.jpg\" alt=\"\" width=\"202\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/202-203-202x300.jpg 202w, http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/202-203.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 202px) 100vw, 202px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: 18pt;\">Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt;\"><strong>Num\u00e9ro 202-203 (2011 : 1-2)<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>Editorial<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il ne se passe pas une ann\u00e9e sans que ne soit diffus\u00e9e sur les \u00e9crans de cin\u00e9ma ou de t\u00e9l\u00e9vision une publicit\u00e9 mettant en sc\u00e8ne la figure de Napol\u00e9on, que ce soit du reste en France ou \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. L&rsquo;une des derni\u00e8res en date retrace en quelques courts flashs, forc\u00e9ment sommaires, les diff\u00e9rentes \u00e9tapes de Napol\u00e9on depuis sa jeunesse studieuse consacr\u00e9e, nous rappelle la publicit\u00e9, \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des math\u00e9matiques, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;exil sur l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Elbe, d&rsquo;o\u00f9 l&#8217;empereur s&rsquo;envole vers le continent et le pouvoir. Le slogan claque alors en cinq mots : \u00ab\u00a0<em>Red Bull donne des ailes<\/em>\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agit en effet de vanter les m\u00e9rites d&rsquo;une boisson \u00e9nergisante, bien connue des amateurs de sport automobile puisque la m\u00eame marque sponsorise aussi une \u00e9curie de Formule 1. Le choix du support n&rsquo;est \u00e9videmment pas le fruit du hasard. Napol\u00e9on a souvent servi en effet les m\u00e9rites de voitures, de m\u00eame du reste qu&rsquo;il a toujours \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 des marques de boissons, g\u00e9n\u00e9ralement alcoolis\u00e9es, cognacs et champagnes se taillant la part du lion. Dans les deux cas, il s&rsquo;agit de mettre en valeur certains des traits attribu\u00e9s g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 Napol\u00e9on, l&rsquo;\u00e9nergie en premier lieu, et son corollaire presque naturel, la vitesse. Napol\u00e9on est d&rsquo;abord per\u00e7u comme ce jeune g\u00e9n\u00e9ral en chef qui vole de victoire en victoire au cours de la premi\u00e8re campagne d&rsquo;Italie, ou qui, au retour de l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Elbe, vole de clocher en clocher jusqu&rsquo;aux tours de Notre-Dame. L&rsquo;allusion \u00e0 cette derni\u00e8re formule est implicite dans la publicit\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e plus haut.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle pose n\u00e9anmoins la question de la cible recherch\u00e9e. La forme choisie, \u00e0 savoir un dessin presque caricatural, la musique rythm\u00e9e et le commentaire tr\u00e8s simple qui l&rsquo;accompagnent, montrent \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence que le public vis\u00e9 est un public jeune, entre enfance et adolescence, celui-l\u00e0 m\u00eame qui consomme ce type de boissons. N&rsquo;est-ce pas d\u00e8s lors un paradoxe d&rsquo;utiliser la figure de Napol\u00e9on dont on dit, \u00e0 juste titre, qu&rsquo;il est de moins en moins pr\u00e9sent dans les programmes scolaires ? Il faut croire que malgr\u00e9 cette absence dans l&rsquo;enseignement, les publicitaires sont convaincus de faire mouche en \u00e9voquant le jeune coll\u00e9gien de Brienne &#8211; l&rsquo;allusion \u00e0 l&rsquo;apprentissage des math\u00e9matiques renfor\u00e7ant l&rsquo;id\u00e9e que le public vis\u00e9 est compos\u00e9 d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves &#8211; au h\u00e9ros des campagnes d&rsquo;Italie et d&rsquo;Egypte, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poux de Jos\u00e9phine, au souverain se ceignant de la couronne imp\u00e9riale, au conqu\u00e9rant de l&rsquo;Europe enfin. A moins que les m\u00eames publicitaires cherchent \u00e0 faire oeuvre p\u00e9dagogique en se substituant aux formateurs ? On ne saurait l&rsquo;imaginer. Il faut donc bien concevoir que le mythe de Napol\u00e9on est tellement enracin\u00e9 dans notre imaginaire collectif qu&rsquo;il peut \u00eatre utilis\u00e9 sans difficult\u00e9 dans la publicit\u00e9 et parler \u00e0 tous. Car derri\u00e8re le propos initial, sur l&rsquo;\u00e9vasion rendue possible par la consommation d&rsquo;une boisson donn\u00e9e, se cache un message plus subliminal qui renvoie \u00e0 l&rsquo;ensemble de la courte s\u00e9quence de vie \u00e9voqu\u00e9e, et \u00e0 la formidable ascension sociale qu&rsquo;elle raconte. Boire cette boisson, ce serait, nous laissent entendre les publicitaires, acc\u00e9der \u00e0 un destin exceptionnel. La publicit\u00e9 n&rsquo;\u00e9voque cependant ni l&rsquo;Espagne, ni la campagne de Russie ni surtout Waterloo ou l&rsquo;exil de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne. Il s&rsquo;agit ici de s&rsquo;appuyer sur le mythe du conqu\u00e9rant, de l&rsquo;homme providentiel, du sauveur, pas sur celui du martyr ou du Prom\u00e9th\u00e9e encha\u00een\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi la publicit\u00e9 nous invite \u00e0 repenser le mythe napol\u00e9onien. Elle en r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;actualit\u00e9 et la pr\u00e9gnance dans l&rsquo;imaginaire collectif. Or c&rsquo;est le propre des mythes que d&rsquo;\u00eatre populaires, en m\u00eame temps qu&rsquo;intemporels. Mais il ne faut pas oublier que le mythe et l&rsquo;histoire se conjuguent rarement, et qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire de bien conna\u00eetre le pass\u00e9, dans toute sa complexit\u00e9, pour interpr\u00e9ter et comprendre les mythes. Autrement dit, au lieu de se substituer \u00e0 l&rsquo;enseignement de l&rsquo;histoire, \u00e0 commencer par celle de l&rsquo;\u00e9poque napol\u00e9onienne, les r\u00e9cits mythiques doivent nous inviter \u00e0 y revenir toujours. C&rsquo;est ce \u00e0 quoi vous invite la <em>Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on<\/em>.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Jacques-Olivier Boudon<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><em>Pr\u00e9sident de l\u2019Institut Napol\u00e9on<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>R\u00e9sum\u00e9s<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>L&rsquo;h\u00e9raldique imp\u00e9riale \u00e0 travers les registres <\/strong><strong>du Conseil du sceau des titres<br \/>\n<\/strong>par Isabelle Rouge-Ducos<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>archiviste pal\u00e9ographe, conservateur du patrimoine aux Archives nationales<\/em><\/p>\n<p>Les titres, armoiries et qualifications nobiliaires avaient \u00e9t\u00e9 abolis par le d\u00e9cret de l\u2019Assembl\u00e9e constituante du 19 juin 1790. Seules subsist\u00e8rent les d\u00e9corations militaires jusqu\u2019\u00e0 la chute de la monarchie constitutionnelle, le 10 ao\u00fbt 1792. Sous la Convention, tous les titres et distinctions entre les citoyens furent interdits, tout comme le port des armoiries, au nom de l\u2019\u00e9galit\u00e9 absolue. Napol\u00e9on souhaita progressivement r\u00e9tablir des titres afin de reconstituer une \u00e9lite au service de l\u2019Empire. Par deux statuts du 1<sup>er<\/sup> mars 1808, il les r\u00e9tablit et les codifia, en r\u00e9introduisant les armoiries en faveur des b\u00e9n\u00e9ficiaires de ces titres.<\/p>\n<p>Cette h\u00e9raldique nouvelle a donn\u00e9 lieu \u00e0 la tenue de registres en vingt-six volumes, appel\u00e9s l\u2019Armorial du Conseil du sceau, un organisme d\u00e9pendant du minist\u00e8re de la Justice, charg\u00e9 de la validation et de l\u2019enregistrement des titres et armoiries conf\u00e9r\u00e9s \u00e0 des particuliers et \u00e0 des villes, de Napol\u00e9on\u00a0I<sup>er<\/sup> \u00e0 la monarchie de Juillet. L\u2019Armorial mentionne les noms des b\u00e9n\u00e9ficiaires de titres et l\u2019armoirie qui leur a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e, peinte \u00e0 la gouache. Il nous fait p\u00e9n\u00e9trer dans le syst\u00e8me d\u2019honneurs et de r\u00e9compenses forg\u00e9s par l\u2019Empire, dont les armoiries n\u2019\u00e9taient qu\u2019une facette, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des majorats, dotations, rentes et d\u00e9corations. Ces diff\u00e9rentes r\u00e9compenses sont compl\u00e9mentaires de l\u2019Armorial et sont contenues dans quatre-vingt-quinze autres registres transcrivant les actes officiels les conf\u00e9rant ou investissant leurs successeurs par le biais de majorats.<\/p>\n<p>Cet ensemble, constituant les registres du Sceau, est une source historique irrempla\u00e7able en mati\u00e8re de r\u00e8glements d\u2019armoiries et d\u2019\u00e9tude de la l\u00e9gislation nobiliaire. Les artistes peintres de l\u2019Armorial, qui ont pu \u00eatre identifi\u00e9s, constituent les derniers sp\u00e9cialistes de la science du blason qui connut un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat sous le premier Empire mais dont la connaissance s\u2019\u00e9tiolera, dans les milieux artistiques, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1850.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la courte dur\u00e9e de l\u2019Empire, ces registres refl\u00e8tent la p\u00e9rennit\u00e9 des institutions imp\u00e9riales en mati\u00e8re de r\u00e8gles de transmission des titres et d\u2019armoiries, \u00e0 travers les diff\u00e9rents r\u00e9gimes tourment\u00e9s du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Jacques Martin-Chausserouge (1765-1845) <\/strong><strong>Un Lyonnais sous-inspecteur aux revues \u00e0 la Grande Arm\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Jean-Michel Piot<\/p>\n<p>Si l\u2019on conna\u00eet bien la Grande Arm\u00e9e et plus largement l\u2019histoire militaire de la p\u00e9riode 1789-1815, il est un point jusqu\u2019ici demeur\u00e9 relativement obscur\u00a0: c\u2019est, dans une acception large du terme, l\u2019administration des arm\u00e9es imp\u00e9riales appr\u00e9hend\u00e9e \u00e0 la plus petite \u00e9chelle de l\u2019<em>intendance<\/em> militaire\u00a0: la sous-inspection aux revues, dernier \u00e9chelon avant les conseils d\u2019administration r\u00e9gimentaires.<\/p>\n<p>L\u2019itin\u00e9raire singulier du sous-inspecteur Jacques Martin-Chausserouge \u00a0permet de saisir la multiplicit\u00e9 des secteurs de gestion et leurs rouages pas toujours bien huil\u00e9s entre 1806 et 1815, destin\u00e9s \u00e0 r\u00e9gir les unit\u00e9s des troupiers tant en campagne qu\u2019en p\u00e9riode de paix. Le personnage pr\u00e9sent\u00e9 ici ne fait pas partie de la cohorte des notori\u00e9t\u00e9s de l\u2019Epop\u00e9e napol\u00e9onienne, toutefois, son histoire personnelle semble digne d\u2019\u00eatre racont\u00e9e \u00e0 partir de pi\u00e8ces d\u2019archives originales.<\/p>\n<p>Jacques Martin-Chausserouge\u00a0: une histoire de <em>gone<\/em> d\u2019un milieu laborieux de Lyon, engag\u00e9 au r\u00e9giment de Bretagne \u00e0 la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime, jeune et brillant soldat lorsqu\u2019\u00e9clata la R\u00e9volution\u00a0; la carri\u00e8re classique de tout volontaire (\u00e9lu directement capitaine au 2<sup>e<\/sup> bataillon du Rh\u00f4ne-et-Loire le 3 octobre 1791), officier subalterne puis sup\u00e9rieur \u00e0 la faveur des guerres continentales (campagnes du Rhin, Helv\u00e9tie, Italie de 1792 \u00e0 1800\u2026), hiss\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019empereur \u00e0 la sous-inspection aux revues d\u00e8s la campagne de Pologne (d\u00e9cret de Varsovie du 21 d\u00e9cembre 1806), chevalier de la L\u00e9gion d\u2019honneur, actif et remarqu\u00e9 (P\u00e9ninsule ib\u00e9rique de 1808 \u00e0 1813, France en 1814\u2026)\u00a0; en \u00e9pilogue, une victime expiatoire du duc d\u2019Angoul\u00eame pendant la Terreur blanche et un retour moins color\u00e9 en 1816 entre Sa\u00f4ne et Rh\u00f4ne. Martin-Chausserouge est la figure probe d\u2019un Panth\u00e9on tricolore si longtemps boud\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>Les corps francs de 1814 et 1815. Pourquoi cette grande page <\/strong><\/em><em><strong>de l\u2019\u00e9pop\u00e9e napol\u00e9onienne a-t-elle \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9e ?<\/strong><\/em><strong><em><br \/>\n<\/em><\/strong>par Jean-Marie Thi\u00e9baud et G\u00e9rard Tissot-Robbe<\/p>\n<p>Si, lors du dernier conflit mondial, des unit\u00e9s paramilitaires se sont lev\u00e9es sous le nom de \u00ab r\u00e9sistants \u00bb, d\u00e8s le Moyen Age des troupes franches ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es pour appuyer l\u2019action des unit\u00e9s r\u00e9guli\u00e8res.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on, confront\u00e9 aux gu\u00e9rillas aussi bien en Bavi\u00e8re, en Espagne ou en Russie, aura recours par deux fois, mais un peu trop tard, \u00e0 cette forme d\u2019organisation arm\u00e9e.<\/p>\n<p>On lan\u00e7a un appel aux personnes de bonne volont\u00e9 ayant assez de moyens pour \u00e9quiper et armer ces troupes qu\u2019on baptisa de noms tr\u00e8s divers (corps francs, troupes franches, miquelets, etc.). Les candidatures afflu\u00e8rent avec leur lot de propositions fantaisistes. On constitua un certain nombre d\u2019unit\u00e9s. Beaucoup n\u2019eurent qu\u2019une existence administrative. La personnalit\u00e9, le charisme de ces chefs improvis\u00e9s furent d\u00e9terminants quant \u00e0 l\u2019action et \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 de ces corps.<\/p>\n<p>Il faut retenir, parmi ces hommes de l\u2019ombre : Henri Simon, le graveur de l\u2019Empereur qui eut une activit\u00e9 importante et efficace dans le d\u00e9partement de la Seine, que ce soit en 1814 ou 1815. Non seulement il mena une gu\u00e9rilla contre l\u2019envahisseur, mais il appuya l\u2019arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re dans plusieurs combats autour de Paris ; Gustave-Marie de Damas imprima son nom dans le Lyonnais \u00e0 tel point que toutes les troupes d\u2019insurrection furent baptis\u00e9es \u00ab Les Damas \u00bb par les Autrichiens ; Pelletier de Chambure, avec le premier corps franc de la C\u00f4te d\u2019Or, s\u2019illustra dans un raid \u00e0 la fronti\u00e8re suisse o\u00f9 il mit en d\u00e9route des troupes royalistes. Dans le nord-est, il faut \u00e9voquer Nicolas Frantz, originaire de Sarrrelouis, qui fit une gu\u00e9rilla sans merci \u00e0 l\u2019envahisseur. Mais il convient de citer \u00e9galement les fr\u00e8res Brice, Viriot, les fr\u00e8res\u00a0 Vadet, Jean-Baptiste Drouet, l\u2019homme de Varennes, Charles Juncker, Nicolas Bertrand, Jung. Mais surtout Nicolas Wolff, l\u2019homme de Rothau. Ce notable organisa un v\u00e9ritable mouvement de r\u00e9sistance dans une petite vall\u00e9e des Vosges : \u00ab la Bruche \u00bb. Le 7 avril 1814, dans un affrontement l\u00e9gendaire, il stoppa et mit en retraite un fort escadron des troupes alli\u00e9es. Cet \u00e9v\u00e9nement, bien que symbolique, eut un formidable retentissement m\u00eame s\u2018il arrivait trop tard puisque l\u2019Empereur avait abdiqu\u00e9 la veille \u00e0 Fontainebleau. Nombre d\u2019\u00e9crivains reprirent cet \u00e9v\u00e8nement, mais en le d\u00e9formant \u00e0 souhait. Erckmann Chatrian en fit un roman \u00e0 succ\u00e8s et, plus tard, on \u00e9difia une colonne en m\u00e9moire de ces combattants de l\u2019impossible.<\/p>\n<p>Si les corps francs de 1814 furent consid\u00e9r\u00e9s avec indulgence par la premi\u00e8re Restauration, il n\u2019en fut pas de m\u00eame pour ceux de 1815. Les cours pr\u00e9v\u00f4tales s\u2019en donn\u00e8rent \u00e0 c\u0153ur joie, mais il faut bien reconna\u00eetre que toutes ces unit\u00e9s parfois tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9roclites n\u2019eurent pas un comportement exemplaire. Des condamnations \u00e0 mort furent prononc\u00e9es et parfois ex\u00e9cut\u00e9es. Plusieurs chefs de ces corps francs prirent le chemin de l\u2019exil, \u00e0 la fois pour se soustraire \u00e0 la justice avide de revanche, mais aussi dans le but de pr\u00eater main forte \u00e0 divers mouvements r\u00e9volutionnaires aux quatre coins du monde.<\/p>\n<p>Organis\u00e9s trop tardivement, les corps francs souffrirent d\u2019un manque d\u2019enthousiasme des populations qui craignaient par-dessus tout les repr\u00e9sailles et qui aspiraient \u00e0 la paix apr\u00e8s trop d\u2019ann\u00e9es de conflits ininterrompus. Il faut cependant saluer ceux qui, au cr\u00e9puscule de l\u2019Empire, tent\u00e8rent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment l\u2019impossible.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Napol\u00e9on I<sup>er<\/sup>.\u00a0 <\/strong><strong>L\u2019ultime autopsie <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par le\u00a0 D<sup>r<\/sup>\u00a0 Alain\u00a0 Goldcher<\/p>\n<p>L\u2019autopsie de Napol\u00e9on I<sup>er<\/sup> \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne a fait l\u2019objet de plusieurs rapports et lettres r\u00e9dig\u00e9s par les vingt t\u00e9moins pr\u00e9sents. En dehors des m\u00e9moires du D<sup>r<\/sup> Antommarchi en 1825, tous d\u00e9crivent une seule l\u00e9sion qui affecte l\u2019estomac. En s\u2019appuyant sur les soup\u00e7ons de leur glorieux patient et sur ce fameux rapport de 1825, on \u00e9voque souvent un cancer gastrique h\u00e9r\u00e9ditaire. Or, le rapport sur Charles Bonaparte d\u00e9crit une tumeur d\u2019allure b\u00e9nigne, sans allusion \u00e0 un cancer. Depuis 1960, certains pensent \u00e0 un empoisonnement chronique \u00e0 l\u2019arsenic en se basant sur une trentaine de sympt\u00f4mes et des dosages capillaires. L\u2019analyse purement m\u00e9dicale ne confirme pas cette hypoth\u00e8se, en raison du manque de sensibilit\u00e9 et de sp\u00e9cificit\u00e9 des sympt\u00f4mes, du m\u00e9lange de signes d\u2019intoxication aigu\u00eb et chronique et de l\u2019incoh\u00e9rence des dosages capillaires. L\u2019empereur captif meurt d\u2019une gastrorragie chronique, en raison de plusieurs ulc\u00e9rations de la muqueuse gastrique, due \u00e0 une infection ancienne \u00e0 h\u00e9licobacter pylori, au stress et \u00e0 la m\u00e9lancolie, ayant conduit \u00e0 une exsanguinisation l\u00e9tale.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>Abstracts<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Imperial Heraldry through the registers of the <em>Conseil du sceau des titres<\/em><br \/>\n<\/strong>by Isabelle Rouge-Ducos<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>paleographer archivist, heritage curator at the National Archives<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Jacques Martin-Chausserouge (1765-1845)<br \/>\nA Lyonnais sub-inspector of reviews to the Grand Army<br \/>\n<\/strong>by Jean-Michel Piot<\/p>\n<p>One knows the history of the Grand Army and in a wider sense the military history of the period 1789-1815, there is, however, a point that has so far remained relatively obscure: it is, in a broad sense of the term, the administration of the Imperial armies studied at the smallest scale of the general administration of the military commissariat: the sub-inspection of reviews, the last step before the regimental administrative council.<\/p>\n<p>The curious career of Deputy Inspector Jacques Martin-Chausserouge encapsulates the multiple areas of management, and not always well-oiled machinery, between 1806 and 1815, designed to manage troop units both during military campaigns as well as during peacetime. The figure presented here is not part of the notorious cohort of the Napoleonic period; however, his personal history is worth being told through the original archive documents.<\/p>\n<p>Jacques Martin-Chausserouge is the story of a child from a laborious milieu of Lyon, signed up to the Bretagne Regiment at the end of the <em>Ancien Regime<\/em>, a brilliant young soldier at the outbreak of the French Revolution, the classic career of any volunteer (promoted directly captain in the 2nd battalion of the Rhone and Loire October 3, 1791), a junior officer, then superior thanks to the continental wars (campaigns of the Rhine, Helvetia, Italy from 1792 to 1800 &#8230;), appointed by the Emperor to sub-Inspector of reviews during the Polish campaign (Warsaw Decree of 21 December 1806), Chevalier of the Legion of Honour, active and noted (Iberian Peninsula from 1808 to 1813, France in 1814 &#8230;), an epilogue, an atonement victim of the Duke of Angouleme during the White Terror and a less colourful return to grace in 1816 between Rh\u00f4ne and Sa\u00f4ne. Martin-Chausserouge is a loyal figure in the Tricolour Pantheon that has been shunned for so long.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>The Free Corps of 1814 and 1815.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Why was this great page of the Napoleonic era forgotten?<br \/>\n<\/strong>by Jean-Marie Thi\u00e9baud and G\u00e9rard Tissot-Robbe<\/p>\n<p>If, during the last world war, paramilitary units were raised under the banner of \u00ab\u00a0resistant\u00a0\u00bb, since the Middle Ages frank troops have been created to support the action of regular units.<\/p>\n<p>Napoleon, faced with guerrillas in Bavaria, Spain and Russia, used this form of armed organisation twice, albeit a little too late.<\/p>\n<p>An appeal was made to people of good will with enough resources to equip and arm the troops, they were baptised with a variety of names (Free Corps, frank troops, Miquelets, etc&#8230;). The requests poured in with their share of frivolous proposals. A number of units were formed. Many had only an administrative existence. The personality and charisma of these improvised leaders were determinative of the action and effectiveness of these units.<\/p>\n<p>Amongst these shadowy figures:\u00a0 Henry Simon, the Emperor\u2019s engraver who carried out important and effective activity in the department of Seine, either in 1814 or 1815. He not only waged a guerrilla war against the invader, but he supported the regular army in several battles around Paris; Gustave-Marie de Damas made a name for himself in the Lyonnais region,\u00a0\u00a0 to such a point that all the insurrection forces were dubbed \u00ab\u00a0The Damas \u00a0\u00bb by the Austrians; Pelletier de Chambure, with the first Free Corps of the C\u00f4te d\u2019Or, became famous in a raid on the Swiss border where he derailed the Royalist troops. In the northeast, we must mention Nicolas Frantz, a native of Sarrrelouis, who was a merciless guerrilla towards the invader. But also worthy of a mention are the Brice brothers, Viriot, the Vadet brothers, Jean-Baptiste Drouet, the man of Varennes, Charles Juncker, Nicolas Bertrand, Jung. But above all Nicolas Wolff, the man of Rothau. This notable individual organised a genuine resistance movement in a small valley in the Vosges, \u00ab\u00a0Bruche.\u00a0\u00bb April 7, 1814, in a legendary confrontation, he managed to stop and beat into a retreat a strong squadron of allied troops. This event, though symbolic, had a tremendous impact, even if it came too late as the Emperor had abdicated the day before at Fontainebleau. Many writers have taken up this event; however, they have wilfully deformed it. Erckmann Chatrian turned it into a successful novel and, later, a column was erected in memory of the combatants of the impossible.<\/p>\n<p>If the Free Corps of 1814 were treated with leniency by the first Restoration of the Monarchy, it was not the same story for those of 1815. The Summary Courts were delighted, though it must be admitted that not all these, sometimes very disparate, units had shown exemplary behaviour. Death sentences were pronounced and sometimes executed. Several leaders of these corps took to self-exile, both to evade a justice eager for revenge, but also in order to lend a hand to various revolutionary movements around the world.<\/p>\n<p>Organized too late, the Free Corps suffered from a lack of enthusiasm of the people who feared reprisals and who aspired to peace after so many years of uninterrupted conflict.\u00a0We should, however, salute those who, in the twilight of the Empire, tried desperately to overcome the impossible.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Napoleon<\/strong><strong>. The final autopsy<br \/>\n<\/strong>by Dr. Alain Goldcher<\/p>\n<p><strong><br \/>\n<\/strong><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong>The autopsy of Napoleon at St. Helena was the subject of several reports and letters written by the twenty witnesses that were present. Except the memoirs of Antommarchi in 1825, all describe a single lesion that involving the stomach. Based on the suspicion of their glorious patient and on the famous 1825 report, hereditary gastric cancer is often cited. However, the report of Charles Bonaparte describes a tumor with a benign appearance without any reference to cancer. Since 1960, some believe in chronic arsenic poisoning, based on thirty or so symptoms and the levels found in capillary analysis. The purely medical analysis does not support this hypothesis, due to lack of sensitivity and specificity of the symptoms, and of the signs of acute and chronic intoxication and inconsistency of the capillary analyses. The captive Emperor died of chronic gastric hemorrhaging, due to multiple ulcerations of the gastric mucus, due to a past helicobacter pylori infection, stress and melancholy which had lead to lethal blood loss.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on Num\u00e9ro 202-203 (2011 : 1-2) Editorial Il ne se passe pas une ann\u00e9e sans que ne soit diffus\u00e9e sur les \u00e9crans de cin\u00e9ma ou de t\u00e9l\u00e9vision une publicit\u00e9 mettant en sc\u00e8ne la figure de Napol\u00e9on, que ce soit du reste en France ou \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. 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