{"id":870,"date":"2021-04-25T01:41:52","date_gmt":"2021-04-24T23:41:52","guid":{"rendered":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/?page_id=870"},"modified":"2021-04-26T00:24:07","modified_gmt":"2021-04-25T22:24:07","slug":"rin-numero-204-2012-1","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/rin-numero-204-2012-1\/","title":{"rendered":"RIN &#8211; Num\u00e9ro 204 (2012-1)"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-890 size-medium aligncenter\" src=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/204-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/204-200x300.jpg 200w, http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/204.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: 18pt;\">Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt;\"><strong>Num\u00e9ro 204 (2012-1)<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>Editorial<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;ann\u00e9e 2012 aura confirm\u00e9 une tendance perceptible d\u00e8s 1999 concernant la comm\u00e9moration du bicentenaire des ann\u00e9es du Consulat et de l&rsquo;Empire, \u00e0 savoir l&rsquo;absence de tout investissement au niveau de l&rsquo;Etat dans la comm\u00e9moration de la campagne de Russie. Pourtant, en France m\u00eame, ce bicentenaire a re\u00e7u quelque \u00e9cho. Sur le plan scientifique, de nombreux ouvrages ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s sur la campagne, des colloques ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s, qui tous, en permettant de confronter les points de vue des historiens fran\u00e7ais, russes, allemands, anglais ou italiens, ont permis de relire \u00e0 nouveau frais cette histoire. Les grandes revues d&rsquo;histoire ont \u00e9galement consacr\u00e9 des num\u00e9ros sp\u00e9ciaux \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, lequel a \u00e9t\u00e9 aussi \u00e9voqu\u00e9, modestement, dans les m\u00e9dias audiovisuels, signe de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat que lui porte un grand nombre de Fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais c&rsquo;est \u00e9videmment en Russie que la comm\u00e9moration a \u00e9t\u00e9 la plus visible. 1812 reste une date fondatrice dans l&rsquo;histoire nationale russe. Il suffit de sillonner le pays pour s&rsquo;en convaincre, de Saint-P\u00e9tersbourg \u00e0 Moscou, en passant naturellement par Borodino, pour voir l&rsquo;importance que rev\u00eat cette guerre pour les Russes. Ce souvenir a \u00e9t\u00e9 incontestablement r\u00e9activ\u00e9 depuis la fin de l&rsquo;URSS, le nouveau r\u00e9gime renouant avec le pass\u00e9 russe, y compris dans sa version tsariste. Cela s&rsquo;est traduit notamment par l&rsquo;ouverture d&rsquo;un nouveau mus\u00e9e consacr\u00e9 \u00e0 1812 sur la Place rouge \u00e0 Moscou, et par de grandioses c\u00e9l\u00e9brations du bicentenaire de la bataille de Borodino, en pr\u00e9sence du pr\u00e9sident Vladimir Poutine. Les Russes c\u00e9l\u00e8brent cette bataille comme une victoire parce qu&rsquo;ils consid\u00e8rent qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas conduit \u00e0 la destruction de l&rsquo;arm\u00e9e de Koutouzov, mais au contraire, qu&rsquo;en contribuant \u00e0 attirer Napol\u00e9on jusqu&rsquo;\u00e0 Moscou, elle a favoris\u00e9 l&rsquo;\u00e9chec ultime de l&#8217;empereur des Fran\u00e7ais. Il y a certes d\u00e9bat entre historiens russes et fran\u00e7ais sur cette question, comme le rappelait r\u00e9cemment, dans une \u00e9mission diffus\u00e9e par Canal Acad\u00e9mie, Jean Tulard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quoi qu&rsquo;il en soit, la comm\u00e9moration du bicentenaire de la bataille de la Moskowa\/Borodino aurait pu \u00eatre l&rsquo;occasion d&rsquo;un dialogue renou\u00e9 entre Fran\u00e7ais et Russes deux cents ans apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. Cela avait du reste \u00e9t\u00e9 le cas en 1912 \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un centenaire qui se d\u00e9roulait, il est vrai, dans le contexte de l&rsquo;alliance franco-russe scell\u00e9e vingt ans plus t\u00f4t. En 2012, les autorit\u00e9s russes ont \u00e9galement souhait\u00e9 que la France s&rsquo;implique dans la comm\u00e9moration de la bataille. Des invitations ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9es au gouvernement fran\u00e7ais qui a renonc\u00e9 \u00e0 \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 par l&rsquo;un de ses membres. \u00ab\u00a0<em>On ne va comm\u00e9morer une d\u00e9faite<\/em>\u00a0\u00bb aurait-on entendu de la bouche d&rsquo;un membre du cabinet du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res. L&rsquo;assertion est \u00e9videmment contestable s&rsquo;agissant de la Moskowa, mais elle montre que comme la B\u00e9r\u00e9zina, la Moskowa finit par symboliser l&rsquo;\u00e9chec de la\u00a0 campagne de Russie. Trois mois apr\u00e8s leur entr\u00e9e en fonction, le gouvernement et le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique n&rsquo;ont sans doute pas voulu associer leur image \u00e0 un \u00e9pisode dramatique de l&rsquo;histoire de France. Mais le probl\u00e8me est ailleurs et rel\u00e8ve de la mani\u00e8re dont on peut utiliser l&rsquo;histoire et les comm\u00e9morations pour renforcer les liens actuels entre les pays et les peuples. L&rsquo;histoire de la campagne de Russie est une histoire commune \u00e0 l&rsquo;ensemble des pays europ\u00e9ens. Dans la Grande Arm\u00e9e, \u00ab\u00a0<em>arm\u00e9e des vingt nations<\/em>\u00a0\u00bb, la quasi totalit\u00e9 des peuples formant aujourd&rsquo;hui l&rsquo;Union europ\u00e9enne \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9s. Les m\u00e9dias allemands se sont du reste passionn\u00e9s pour le bicentenaire de la campagne de Russie, \u00e0 laquelle ont particip\u00e9 pr\u00e8s de 150 000 Allemands. Les Polonais continuent \u00e0 consid\u00e9rer la campagne de 1812 comme la \u00ab\u00a0<em>seconde guerre de Pologne<\/em>\u00a0\u00bb, termes du reste utilis\u00e9s par Napol\u00e9on lui-m\u00eame dans le discours qu&rsquo;il adresse \u00e0 ses troupes \u00e0 la veille de les lancer \u00e0 l&rsquo;assaut du Ni\u00e9men. Rappelons que le 5 mai 2011 a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9e \u00e0 Varsovie, sur la place des Insurg\u00e9s, jadis place Napol\u00e9on, une statue d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l&#8217;empereur, \u00e0 l&rsquo;endroit m\u00eame o\u00f9 elle avait \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e en 1921 pour le centenaire de sa mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les manifestations qui ont marqu\u00e9 les comm\u00e9morations a figur\u00e9 aussi la chevauch\u00e9e des cosaques du Don, qui ont refait le parcours qu&rsquo;avaient effectu\u00e9 leurs anc\u00eatres en 1814, de Russie jusqu&rsquo;en France. L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement a re\u00e7u une couverture m\u00e9diatique modeste. Le p\u00e9riple s&rsquo;est achev\u00e9 en Seine-et-Marne, les cosaques s&rsquo;arr\u00eatant \u00e0 Montereau, ville dont le maire, Yves J\u00e9go, a lanc\u00e9 le projet de construire un \u00ab\u00a0parc Napol\u00e9on\u00a0\u00bb, avant de se diriger vers Fontainebleau, ville des adieux, o\u00f9 une grande manifestation \u00e9tait organis\u00e9e en l&rsquo;honneur des cosaques du Don, en pr\u00e9sence du directeur des affaires d\u2019Europe orientale au minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res, et de l&rsquo;ambassadeur de Russie en France. L&rsquo;arr\u00eat des cosaques \u00e0 Fontainebleau manifestait la volont\u00e9 de ne pas les laisser entrer dans Paris. Au moins s&rsquo;est-on souvenu que les Russes, et notamment les cosaques dont le seul nom \u00e9pouvante alors les Fran\u00e7ais, \u00e9taient entr\u00e9s dans Paris en 1814 et n&rsquo;a-t-on pas souhait\u00e9 renvoyer l&rsquo;image d&rsquo;une capitale conquise. Deux cents ans apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements, la m\u00e9moire de l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e napol\u00e9onienne continue \u00e0 \u00eatre difficile \u00e0 assumer.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Jacques-Olivier Boudon<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><em>Pr\u00e9sident de l\u2019Institut Napol\u00e9on<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>R\u00e9sum\u00e9s<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>1812: Les Italiens en Russie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Giorgio Gremese<\/p>\n<p>Dans l\u2019arm\u00e9e composite qui s\u2019appr\u00eate \u00e0 envahir la Russie en 1812, plus de 50 000 soldats proviennent de la p\u00e9ninsule italienne. La majorit\u00e9 d\u2019entre eux est encadr\u00e9e par l\u2019Arm\u00e9e du Royaume d\u2019Italie, ins\u00e9r\u00e9e dans le IV<sup>e <\/sup>Corps command\u00e9 par le vice-roi Eug\u00e8ne de Beauharnais. R\u00e9unis sous le drapeau tricolore italien, ils partent se battre \u00e0 l\u2019autre bout de l\u2019Europe pour soutenir la politique de Napol\u00e9on, roi d\u2019Italie, et en m\u00eame temps affirmer la pr\u00e9sence de l\u2019entit\u00e9 italienne au sein des nations europ\u00e9ennes. Les troupes italiennes, organis\u00e9es en deux divisions d\u2019infanterie et une brigade de cavalerie l\u00e9g\u00e8re, suivront tous les mouvements du IV<sup>e<\/sup> Corps, participeront \u00e0 la bataille de la Moskova et entreront dans Moscou. Elles se distingueront, au moment de la retraite, dans la bataille de Malo-Jaroslawets qui sera marqu\u00e9e par le courage du IV<sup>e<\/sup> Corps et des Italiens qui le composent. Pendant la retraite, les unit\u00e9s italiennes montreront une nouvelle fois une coh\u00e9sion et une r\u00e9sistance qu\u2019on ne peut justifier que gr\u00e2ce \u00e0 leur moral et leur fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la cause italienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>\u00ab A mon retour, je ne passerai pas la moindre n\u00e9gligence \u00bb\u00a0<\/em>La correspondance de Duroc et de son secr\u00e9taire pendant la campagne de Russie <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Charles-Eloi Vial<\/p>\n<p>Durant les quelques mois de la campagne de Russie, les trajets incessants des auditeurs du Conseil d&rsquo;Etat permirent de maintenir les liens entre l&rsquo;administration centrale de l&rsquo;Empire \u00e0 Paris et les ministres et grands officiers partis \u00e0\u00a0 la suite de l&rsquo;Empereur. Pour le grand mar\u00e9chal du Palais Duroc, ce fut son secr\u00e9taire Emmanuel-Sigismond Viollet-le-Duc qui joua le z\u00e8le de courroie de transmission, s\u00e9lectionnant les lettres et rapports les plus importants \u00e0 envoyer afin d&rsquo;assurer la continuit\u00e9 du service. L&rsquo;\u00e9dition et l&rsquo;analyse de la correspondance \u00e9chang\u00e9e par Duroc et son secr\u00e9taire, conserv\u00e9e au d\u00e9partement des Manuscrits de la Biblioth\u00e8que nationale de France, permet de conna\u00eetre quelles \u00e9taient les affaires jug\u00e9es dignes \u00e0\u00a0 Paris d&rsquo;\u00eatre soumises au grand mar\u00e9chal malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9loignement, et dans quelles conditions et sous quels d\u00e9lais ce dernier pouvait y r\u00e9pondre. Ces documents permettent de se faire une bonne id\u00e9e de la vari\u00e9t\u00e9 des dossiers qui \u00e9taient soumis quotidiennement aux grands administrateurs de l&rsquo;Empire, qui durent voyager et travailler au cours de cette campagne dans des situations souvent dramatiques, sans pour autant cesser de g\u00e9rer les affaires courantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Gilles Pierret : Un paysan lorrain dans la campagne de Russie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Alain Pierret<\/p>\n<p>Le 2 d\u00e9cembre 1805, le soleil illumine la plaine d&rsquo;Austerlitz. Ce m\u00eame jour, dans la brume automnale de la Lorraine septentrionale, le laboureur Gilles Pierret (1783-1850) entame une incroyable \u00e9pop\u00e9e. Son parcours militaire nous est rapport\u00e9 par deux feuilles d'\u00a0\u00bb\u00e9tats des services\u00a0\u00bb conserv\u00e9es aux Archives de la D\u00e9fense \u00e0 Vincennes. Par chance, quelques livres de souvenirs ont d\u00e9crit en d\u00e9tail les campagnes du 4<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d&rsquo;infanterie de ligne o\u00f9 il a servi. Bavi\u00e8re, Pom\u00e9ranie, Pologne, Prusse, Autriche et m\u00eame un embarquement en Manche, il a suivi toutes les campagnes de Napol\u00e9on en Europe centrale et orientale.<\/p>\n<p>D\u00e9but 1812 il quitte Anvers pour K\u0153nigsberg. Malgr\u00e9 des blessures pr\u00e9sum\u00e9es handicapantes \u2013 jambe gauche et hanche \u00e0 Friedland, genou droit \u00e0 Essling \u2013 il marche toujours. Au sein du 3<sup>e<\/sup> corps d&rsquo;arm\u00e9e de Ney, son r\u00e9giment assure l&rsquo;arri\u00e8re-garde de la tragique retraite de Moscou. Apr\u00e8s le passage de la B\u00e9r\u00e9zina, le chaos est tel qu&rsquo;on ne sait quand Gilles quitte le 4<sup>e<\/sup> r\u00e9giment de ligne et appara\u00eet au 3<sup>e<\/sup>&#8230;<\/p>\n<p>Le voici enferm\u00e9 \u00e0 Dantzig avec le 10<sup>e<\/sup> corps du g\u00e9n\u00e9ral Rapp. Pendant toute l&rsquo;ann\u00e9e 1913, il supporte le terrible si\u00e8ge qui mobilisa jusqu&rsquo;\u00e0 60 000 soldats russes. Vivres et munitions venant \u00e0 manquer, les h\u00e9ro\u00efques d\u00e9fenseurs durent se r\u00e9signer \u00e0 la reddition ; sur injonction du tsar Alexandre, ils furent proscrits en Ukraine profonde. Gilles Pierret ne reverra vraisemblablement sa Lorraine qu&rsquo;en octobre 1814. Quoi qu&rsquo;il en soit, depuis d\u00e9cembre 1805, il aura parcouru en Europe quelque 20 000 km \u00e0 pied, havresac sur le dos, fusil \u00e0 la main.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un passage au service des Douanes, il servira encore quatre ann\u00e9es en Alg\u00e9rie, encadrant les \u00ab\u00a0Parisiens\u00a0\u00bb, ces mutins des Journ\u00e9es de Juillet 1830 que l&rsquo;on voulait \u00e9carter de la capitale. Avec le grade de lieutenant et la croix de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur, il terminera ses jours en Lorraine alors que pointe l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;un nouvel empereur.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>1812 : Le renseignement russe face \u00e0 Napol\u00e9on<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par G\u00e9rald Arboit<\/p>\n<p>Peut-on parler de \u00ab\u00a0services de renseignement\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9poque napol\u00e9onienne comme le font certains auteurs ces derni\u00e8res ann\u00e9es\u00a0? L\u2019opportunit\u00e9 des comm\u00e9morations de la campagne de Russie de 1812 est l\u2019occasion de v\u00e9rifier, \u00e0 l\u2019appui des efforts de renseignement russe, les limites de cette expression. En effet, les initiatives notables de Barclay de Tolly pour acqu\u00e9rir de l\u2019information strat\u00e9gique r\u00e9sultaient de l\u2019improvisation, plut\u00f4t que de la volont\u00e9 de cr\u00e9er une structure de renseignement permanente. Elles disparaissent m\u00eame d\u00e8s la mobilisation de mars 1812. Seules perdurent les remparts de la \u00ab\u00a0Haute Police\u00a0\u00bb, dont certaines fonctions participent du renseignement. Comme partout en Europe \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque d\u2019ailleurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>L\u2019autre ann\u00e9e 1812\u00a0: le d\u00e9sastre espagnol<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Vincent Haegele<\/p>\n<p>La campagne de Russie est la grande affaire de l\u2019ann\u00e9e 1812, notamment du point de vue historiographique, et cet \u00e9v\u00e9nement a pu occulter les autres campagnes en cours. Au moment o\u00f9 Napol\u00e9on envahit l\u2019empire russe, ses arm\u00e9es connaissent de graves difficult\u00e9s en Espagne, en particulier l\u2019arm\u00e9e du Portugal, dont la fonction principale est de couvrir la fronti\u00e8re naturelle du Duero et d\u2019emp\u00eacher l\u2019invasion de la p\u00e9ninsule par les troupes anglo-portugaises. \u00c0 la bataille des Arapiles, survenue en juillet, Wellington parvient \u00e0 forcer le verrou d\u00e9fensif fran\u00e7ais et menace Madrid, bient\u00f4t \u00e9vacu\u00e9e par Joseph Bonaparte, dont la position devient rapidement intenable. Comment le roi et ses services administratifs et militaires parviennent \u00e0 r\u00e9tablir une situation fragile et vivent-ils cette ann\u00e9e o\u00f9 les difficult\u00e9s ne cessent de s\u2019accumuler\u00a0? Au moment o\u00f9 se joue une partition tr\u00e8s importante en Russie, les \u00e9v\u00e9nements espagnols sont autant de signes de la chute \u00e0 venir de la Maison Bonaparte.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt;\"><strong><span style=\"color: #008000;\">Abstracts<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>1812: The Italians in Russia<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Giorgio Gremese<\/p>\n<p>In the composite army that is about to invade Russia in 1812, more than 50,000 soldiers are from the Italian peninsula. The majority of them are under the leadership of the Army of the Kingdom of Italy, incorporated into the IV Corps under the command of the viceroy Eug\u00e8ne de Beauharnais. United under the Italian tricolour, they go to fight at the other end of Europe to support the policy of Napoleon, King of Italy, and at the same time affirm the presence of the Italian entity within the European nations. The Italian troops, organised into two infantry divisions and a brigade of light cavalry, follow all the movements of IV Corps, participating in the Battle of Borodino and enter Moscow. They distinguish themselves during the retreat, in the battle of Maloyaroslavets which will be noted for the courage of IV Corps and the Italians who constitute it. During the retreat, the Italian units once again demonstrate a cohesion and resistance that cannot be explained simply by their morale and loyalty to the Italian cause.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>\u00ab Upon my return, I shall not tolerate a single negligence \u00bb\u00a0<\/em>The correspondance between Duroc and his secretary during the Russian campaign<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Charles-Eloi Vial<\/p>\n<p>During the few months of the Russian campaign, the incessant journeys of the auditors of the State Council allowed to maintain links between the central administration of the Empire in Paris and the ministers and Crown officers who had left with the Emperor. Emmanuel Sigismond Viollet-le-Duc, Secretary of Duroc, Grand Marshal of the Palace, was the transmission belt who selected the most important papers to send to Russia, and who assured the continuity of the service. Editing and analysing the correspondence between Duroc and his secretary, kept in the Manuscripts Department of the French National Library, provides informations on the business deemed worthy to be submitted to the Grand Marshal despite the distance, and under what conditions and in what \u00a0time frame he could respond. These documents provide a good idea of the variety of cases that were subjected daily to the most important imperial administrators, who had to travel and work during this \u00a0campaign in dramatic conditions, while taking care of the day-to-day matters.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Gilles Pierret : <\/strong><strong>A Lorrain ploughman in Napoleon&rsquo;s campaigns <\/strong><strong>(1805-1812-1814)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Alain Pierret<\/p>\n<p>December 2d, 1805, the sun illuminates the plain over Austerlitz. This very day, in northern Lorraine&rsquo;s autumnal mist, the ploughman Gilles Pierret (1783-1850) starts an incredible epic. Two leaves for his service records stored by the Defence Archives in Vincennes briefly report his military itinerary. Luckily, some memoirs describe in detail the campaigns of the 4th infantry regiment in which he was enlisted. Bavaria, Pomerania, Poland, Prussia, Austria, even sailing along the Channel coasts, he was involved in all of Napoleon&rsquo;s wars in central and eastern Europe.<\/p>\n<p>At the beginning of 1812, he leaves Antwerp for Konigsberg. Despite wounds supposedly handicapping \u2013 left leg and hip at Friedland, right knee at Essling \u2013 he still goes on. After Moscow withdrawal, his unit is part of Ney&rsquo;s 3rd army corps securing the rearguard of the Grande Arm\u00e9e remains. After Berezina&rsquo;s crossing, so big is the state of chaos that no clue indicates when Gilles left his 4th regiment and appears into the 3rd.<\/p>\n<p>He is then beleaguered in Danzig with general Rapp&rsquo;s 10th corps. During all the 1813 year, he endures the dreadful siege which mobilized up to 60 000 Russian soldiers. Lack of food, of ammunitions, compelled the heroic defenders to surrender. At tsar Alexander&rsquo;s command, they were deported to Ukraine, even beyond Kiev. Gilles Pierret will probably not see again his Lorraine before October 1814. Anyhow, since December 1805, he would have walked some 12 400 miles round Europe, with a rucksack and a rifle.<\/p>\n<p>After working for the Customs, he will don again his uniform for four years in Algeria, flanking the \u00ab\u00a0Parisians\u00a0\u00bb, those mutineers of July 1830 sent away from the French capital. With the grade of lieutenant and the cross of the L\u00e9gion d&rsquo;honneur, he will end his days in Lorraine when a new Emperor was showing up in France.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>1812 : The Russian intelligence against Napoleon<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by G\u00e9rald Arboit<\/p>\n<p>Can we talk about \u00ab\u00a0intelligence services\u00a0\u00bb for the Napoleonic period as do certain recent authors? Opportunities of the 1812\u2019s Russian campaign celebrations are the occasion to verify, among the Russian intelligence activities, the limits of this assertion. Indeed, Barclay de Tolly\u2019s notable initiatives to acquire strategic information resulted from improvisations, rather than the desire to create a permanent intelligence structure. They even disappeared with the March 1812\u2019s mobilization. Only remained the ramparts of the \u201cHaute Police\u201d, some of which functions were linked with intelligence. As everywhere in Europe at the same period elsewhere.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>The other year 1812: The Spanish Disaster<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Vincent Haegele<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">The Russian campaign is the major event of the year 1812, notably from the historiographical point of view, and could have overshadowed other campaigns. As Napoleon invaded the Russian Empire, his armies are experiencing serious difficulties in Spain, particularly the army of Portugal, whose main function is to cover the natural border of the Duero and prevent the invasion of the peninsula by the Anglo-Portuguese troops. At the battle of Salamanca, which occurred in July, Wellington managed to force the lock of the French defensive and threaten Madrid, which is soon evacuated by Joseph Bonaparte, whose position is rapidly becoming untenable. How did the king and his administrative and military services manage to restore a fragile situation and how do they live this year in which problems continue to accumulate? At the time in which major moves are being played out in Russia, events in Spain are signs of the pending fall of the House of Bonaparte.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on Num\u00e9ro 204 (2012-1) Editorial L&rsquo;ann\u00e9e 2012 aura confirm\u00e9 une tendance perceptible d\u00e8s 1999 concernant la comm\u00e9moration du bicentenaire des ann\u00e9es du Consulat et de l&rsquo;Empire, \u00e0 savoir l&rsquo;absence de tout investissement au niveau de l&rsquo;Etat dans la comm\u00e9moration de la campagne de Russie. 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