{"id":858,"date":"2021-04-25T01:02:34","date_gmt":"2021-04-24T23:02:34","guid":{"rendered":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/?page_id=858"},"modified":"2021-04-26T00:26:18","modified_gmt":"2021-04-25T22:26:18","slug":"rin-numero-210-2015-1","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/rin-numero-210-2015-1\/","title":{"rendered":"RIN &#8211; Num\u00e9ro 210 (2015-1)"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-896 size-medium aligncenter\" src=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/210-200x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/210-200x300.jpg 200w, http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/210.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: 18pt;\">Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt;\"><strong>Num\u00e9ro 210 (2015-1)<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>Editorial<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les comm\u00e9morations conjointes, en ce mois de juin 2015, du bicentenaire de la signature du trait\u00e9 de Vienne et de la bataille de Waterloo, viennent rappeler qu\u2019une \u00e9poque s\u2019est achev\u00e9e en 1815 avec la seconde abdication de Napol\u00e9on et son exil \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne. Un ordre nouveau s\u2019\u00e9tablit, \u00ab\u00a0l\u2019ordre de Vienne\u00a0\u00bb, partiellement fond\u00e9 sur le principe de la restauration des monarchies traditionnelles, mais surtout construit sur l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00e9quilibre des puissances en Europe, \u00e9quilibre que le renforcement d\u2019Etats secondaires, du Royaume de Pi\u00e9mont-Sardaigne au Royaume des Pays-Bas, en passant par le Royaume de Bavi\u00e8re, allait contribuer \u00e0 consolider. Mettant en avant le cas de la Pologne, dont le sort est scell\u00e9 par les premiers articles du trait\u00e9 du 9 juin, les n\u00e9gociateurs europ\u00e9ens se sont aussi attach\u00e9s \u00e0 redessiner avec pr\u00e9cision les contours d\u2019une Allemagne d\u00e9sormais encadr\u00e9e au sein de la Conf\u00e9d\u00e9ration germanique, ou ceux des diff\u00e9rents Etats italiens. L\u2019Angleterre pourrait para\u00eetre absente de cette nouvelle r\u00e9partition des territoires du continent europ\u00e9en, m\u00eame si le Hanovre, propri\u00e9t\u00e9 du souverain anglais, est sorti grandi de l\u2019op\u00e9ration, et m\u00eame si les Anglais conservent plusieurs \u00eeles, H\u00e9ligoland, Malte, les \u00eeles ioniennes notamment. Ils ont surtout obtenu que soit reconnue la libert\u00e9 de commerce sur les fleuves comme sur les mers et ont pes\u00e9 de tout leur poids pour qu\u2019une d\u00e9claration en faveur de l\u2019abolition de la traite des esclaves noirs d\u2019Afrique soit adopt\u00e9e par les puissances europ\u00e9ennes r\u00e9unies \u00e0 Vienne, ce que plusieurs firent <em>in fine<\/em>, mais sans enthousiasme. C\u2019est le cas de la France qui adh\u00e8re au projet abolitionniste en novembre 1815, prolongeant ainsi l\u2019initiative prise par Napol\u00e9on lorsqu\u2019il avait d\u00e9cid\u00e9 l\u2019abolition de la traite le 28 mars pr\u00e9c\u00e9dent. Pour l\u2019Angleterre, qui avait proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 cette interdiction d\u00e8s 1807, \u00e0 des fins incontestablement humanitaires, il ne pouvait \u00eatre question que se poursuive un commerce triangulaire qui mettrait en p\u00e9ril l\u2019\u00e9quilibre \u00e9conomique qu\u2019elle avait \u00e9tabli dans ses colonies. L\u2019urgence est d\u2019autant plus grande pour elle que le retour de la paix signifie le r\u00e9tablissement de la libert\u00e9 du commerce maritime, y compris celui des esclaves. Les pr\u00e9occupations \u00e9conomiques ne sont donc pas absentes d\u2019une campagne abolitionniste qui n\u2019envisage pas alors la fin de l\u2019esclavage, lequel demeure le pilier de l\u2019\u00e9conomie coloniale. Pourtant, si la question de la traite fait l\u2019objet de d\u00e9bats \u00e0 Vienne, on s\u2019y pr\u00e9occupe peu des questions coloniales, finalement rejet\u00e9es aux divers trait\u00e9s bilat\u00e9raux qui ont fleuri alors. Le bilan de vingt ann\u00e9es de guerre montre cependant que le rapport de forces existant \u00e0 la veille de la R\u00e9volution fran\u00e7aise dans le monde colonial s\u2019est consid\u00e9rablement modifi\u00e9. Sur le papier,\u00a0 le Portugal et l\u2019Espagne retrouvent leurs empires, encore l\u2019Espagne doit-elle constater que la Louisiane lui a \u00e9chapp\u00e9 d\u00e9finitivement, vendue par la France aux Etats-Unis en 1803, alors qu\u2019elle aurait pu esp\u00e9rer la r\u00e9cup\u00e9rer et consolider ainsi son emprise en Am\u00e9rique du nord. C\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais, le trait\u00e9 de Paris avalise la perte de Sainte-Lucie et Tobago dans les Cara\u00efbes, mais aussi celle de l\u2019\u00eele de France (Maurice) dans l\u2019Oc\u00e9an indien. Mais surtout la France\u00a0 ne recouvre pas l\u2019\u00eele de Saint-Domingue, perdue en 1804, avec le soutien anglais, m\u00eame si la monarchie restaur\u00e9e n\u2019abandonne pas imm\u00e9diatement ses pr\u00e9tentions sur cette \u00eele qui fut avant la R\u00e9volution la perle de l\u2019empire fran\u00e7ais. En revanche la France a conserv\u00e9 la Guadeloupe, un temps promis \u00e0 la Su\u00e8de. L\u2019empire colonial hollandais s\u2019est \u00e9galement r\u00e9tr\u00e9ci au profit de la Grande-Bretagne qui outre le Cap et Ceylan, s\u2019empare de territoires hollandais sur la c\u00f4te occidentale de la p\u00e9ninsule indienne, \u00e0 commencer par le port de Cochin.\u00a0 Il faut ajouter l\u2019attention port\u00e9e par la Grande-Bretagne \u00e0 la question d\u2019Orient, car si l\u2019empire ottoman n\u2019est pas repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Vienne, son sort futur est dans tous les esprits, et Londres veut \u00e9viter que cette r\u00e9gion ne bascule dans le giron russe, d\u2019o\u00f9 une politique visant \u00e0 contenir la pouss\u00e9e russe vers le sud, ce qui passe aussi par un trait\u00e9 sign\u00e9 avec la Perse. Plus que jamais, la Grande-Bretagne veut prot\u00e9ger l\u2019Inde des incursions \u00e9trang\u00e8res, notamment russes. Ainsi, pendant que la Russie, la Prusse et l\u2019Autriche signent le trait\u00e9 de la Sainte-Alliance,\u00a0 l\u2019Angleterre se pr\u00e9occupe de ce qui est pour elle l\u2019essentiel, assurer son h\u00e9g\u00e9monie sur les mers, renforcer son empire et imposer partout sa domination commerciale. Cela la conduira notamment \u00e0 laisser se d\u00e9velopper les ind\u00e9pendances des colonies hispaniques d\u2019Am\u00e9rique du Sud, processus qui prolonge son entr\u00e9e en force sur ces march\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion de la rupture entre ces colonies et leur m\u00e9tropole en 1808. A ce titre, on peut bien parler de <em>Pax britannica<\/em>, car si le trait\u00e9 de Vienne instaure un ordre relatif en Europe, il a aussi rendu possible le renforcement de la puissance britannique qui s\u2019affirme au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle comme la premi\u00e8re puissance mondiale. C\u2019est pourquoi aussi la bataille de Waterloo rev\u00eat tant d\u2019importance pour les Anglais. Bien que les forces anglaises aient \u00e9t\u00e9 num\u00e9riquement minoritaires au sein des arm\u00e9es victorieuses de Napol\u00e9on, la bataille en est venue \u00e0 symboliser la victoire anglaise pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019elle annon\u00e7ait cette formidable ascension de la Grande-Bretagne au lendemain de la chute de l\u2019empereur.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Jacques-Olivier Boudon<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><em>Pr\u00e9sident de l\u2019Institut Napol\u00e9on<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>R\u00e9sum\u00e9s<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>L&rsquo;\u00eele d&rsquo;Elbe sous l&rsquo;Empire<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Jacques-Olivier Boudon<\/p>\n<p>Partag\u00e9e entre Naples et la Toscane, l\u2019\u00eele d\u2019Elbe, un temps occup\u00e9e par les Anglais, devient fran\u00e7aise en 1802 et vit d\u00e8s lors au gr\u00e9 des lois fran\u00e7aises, tandis qu\u2019une pr\u00e9sence militaire s\u2019y observe, avec notamment la venue sur l\u2019\u00eele du g\u00e9n\u00e9ral Hugo, accompagn\u00e9 du jeune Victor. On examinera les diff\u00e9rentes facettes de cette \u00eele que Napol\u00e9on devait gouverner pendant neuf mois.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>L\u2019\u00eele d\u2019Elbe\u00a0: Napol\u00e9on en sursis\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Marie-H\u00e9l\u00e8ne Baylac<\/p>\n<p>Napol\u00e9on doit le choix de l\u2019\u00eele d\u2019Elbe pour lieu d\u2019exil \u00e0 la fermet\u00e9 de Caulaincourt et \u00e0 la loyaut\u00e9 d\u2019Alexandre I<sup>er<\/sup> qui ne revient pas sur sa promesse malgr\u00e9 les r\u00e9ticences de ses alli\u00e9s. L\u2019important est d\u2019\u00e9loigner l\u2019Empereur avant le retour de Louis XVIII ! Les intrigues de Talleyrand dans les couloirs du congr\u00e8s de Vienne, le refus du gouvernement fran\u00e7ais de verser la rente pr\u00e9vue par le trait\u00e9 de Fontainebleau, ses projets de faire enlever, voire assassiner Napol\u00e9on\u2026 sont autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui laissent penser que l\u2019\u00eele d\u2019Elbe n\u2019est qu\u2019une solution d\u2019attente. Mais l\u2019exil\u00e9 n\u2019attendra pas : reprenant la main, il organise dans le secret son retour en France : le 1<sup>er<\/sup> mars 1815, il d\u00e9barque dans le golfe Juan, prenant de court ses adversaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Portoferrajo, nid d\u2019espions<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Pierre Branda<\/p>\n<p>Emp\u00each\u00e9 de communiquer librement et de commercer, Napol\u00e9on fut aussi espionn\u00e9 par toutes les puissances environnantes. La France entretenait ainsi plusieurs agences de contre-espionnage \u00e0 Portoferraio qui \u00e9taient parfois concurrentes entre elles. Certaines furent n\u00e9anmoins tr\u00e8s efficaces. En r\u00e9action, Napol\u00e9on d\u00e9veloppa avec <em>maestria<\/em> son propre contre-espionnage. L&rsquo;enjeu n&rsquo;\u00e9tait pas mineur : le renseignement pouvait le compromettre et mettre un terme \u00e0 son s\u00e9jour elbois.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Les combats du samedi 1<sup>er<\/sup> juillet 1815 : V\u00e9lizy-Villacoublay, Rocquencourt et Le Chesnay<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Alain Chappet et Bernard Quintin<\/p>\n<p>Le 22 juin 1815, soit quatre jours apr\u00e8s la d\u00e9faite de Waterloo, l\u2019empereur Napol\u00e9on abdique au Palais de l\u2019\u00c9lys\u00e9e. Les Alli\u00e9s sont aux portes de Paris sans rencontrer de r\u00e9sistance s\u00e9rieuse. Les Prussiens sont \u00e0 Argenteuil, Bezons, Chatou, s\u2019emparent du pont du Pecq, occupent Saint-Germain-en-Laye. Des reconnaissances sont envoy\u00e9es sur Rueil, Ville-d\u2019Avray. Le samedi premier juillet se d\u00e9roule dans le secteur de Versailles \u00e0 V\u00e9lizy-Villacoublay, Rocquencourt et Le Chesnay, un engagement qui oppose deux r\u00e9giments de hussards prussiens aux cavaliers d\u2019Exelmans et de Pir\u00e9, appuy\u00e9s par un r\u00e9giment d\u2019infanterie. Il s\u2019agit ici d\u2019un des derniers coups de sabre de l\u2019\u00e9pop\u00e9e napol\u00e9onienne. Alain Chappet\u00a0 et Bernard Quintin\u00a0 nous pr\u00e9sentent l\u2019historique des combats et dressent la liste des pertes. La source essentielle de l\u2019enqu\u00eate est constitu\u00e9e par les contr\u00f4les nominatifs \u00ab officiers \u00bb et \u00ab hommes de troupe \u00bb des dix r\u00e9giments de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise pr\u00e9sents \u00e0 ces combats, conserv\u00e9s au Service historique de la D\u00e9fense. Ce sont les derniers soldats \u00e0 crier : Vive l\u2019Empereur.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Quelques remarques sur le masque mortuaire Gilley 2<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par G\u00e9rard Lucotte<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude de la composition min\u00e9ralogique et chimique du masque mortuaire de Napol\u00e9on nomm\u00e9 Gilley 2 a montr\u00e9 qu&rsquo;elle \u00e9tait en tout point semblable \u00e0 celle du masque Gilley 1 pr\u00e9c\u00e9demment publi\u00e9e. Ces deux masques sont de pl\u00e2tre de Paris, le pl\u00e2tre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des sculpteurs\u00a0; or on sait que ce type de pl\u00e2tre n&rsquo;\u00e9tait pas disponible \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne lors de la mort de l\u2019Empereur. L&rsquo;\u00e9tude de la composition d&rsquo;un \u00e9chantillon de \u00a0\u00bbgypse\u00a0\u00bb en provenance de Prosperous Valley \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne a \u00e9tabli qu&rsquo;il \u00e9tait compos\u00e9, en parties approximativement \u00e9gales, de gypse, de l&rsquo;alumino-silicate caract\u00e9ristique du sol de l&rsquo;\u00eele et de phosphate. Le masque Gilley 1 n&rsquo;a donc pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne au moment de la mort de Napol\u00e9on.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #008000;\"><strong><span style=\"font-size: 18pt;\">Abstracts\u00a0<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Some remarks about the Gilley 2 death mask<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Gerard Lucotte<\/p>\n<p>The mineralogial and chemical composition of the Napoleon death&rsquo; mask named Gilley 2 is completely similar to that of the Gilley 1 mask, already published. Both masks are constituted of Paris plaster, the favorite material used by sculptors; but we know that such a material was not available in St Helena at the moment of the Emperor death. The composition of a \u00a0\u00bbgypsum\u00a0\u00bb sample originating from Prosperous Valley in St Helena shows that it is composed, in an approximatively three equal parts, of gypsum, of an alumino-silicate characteristic of the island ground, and of phosphate. Consequently, the Gilley 1 mask was not realized in St helena at the time of the Napoleon death.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on Num\u00e9ro 210 (2015-1) Editorial Les comm\u00e9morations conjointes, en ce mois de juin 2015, du bicentenaire de la signature du trait\u00e9 de Vienne et de la bataille de Waterloo, viennent rappeler qu\u2019une \u00e9poque s\u2019est achev\u00e9e en 1815 avec la seconde abdication de Napol\u00e9on et son exil \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne. 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