{"id":854,"date":"2021-04-25T00:53:38","date_gmt":"2021-04-24T22:53:38","guid":{"rendered":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/?page_id=854"},"modified":"2021-04-26T00:27:03","modified_gmt":"2021-04-25T22:27:03","slug":"rin-numero-212-2016-1","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/rin-numero-212-2016-1\/","title":{"rendered":"RIN &#8211; Num\u00e9ro 212 (2016-1)"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-898 size-medium aligncenter\" src=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/212-198x300.jpg\" alt=\"\" width=\"198\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/212-198x300.jpg 198w, http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/212.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 198px) 100vw, 198px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: 18pt;\">Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt;\"><strong>Num\u00e9ro 212 (2016-1)<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>Editorial<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est courant, en France, d\u00e8s que le pays traverse une p\u00e9riode de crise, d\u2019avoir recours au mythe de l\u2019homme providentiel, et les exemples affluent, m\u00eame s\u2019ils ne sont pas si nombreux, qui de Napol\u00e9on \u00e0 De Gaulle, illustrent la capacit\u00e9 de grands hommes \u00e0 contribuer \u00e0 sortir le pays de la crise. On peut s\u2019\u00e9tonner qu\u2019en 2016, dans un pays qui proclame haut et fort son attachement \u00e0 la la\u00efcit\u00e9, on ait encore besoin de faire appel \u00e0 la Providence, c\u2019est-\u00e0-dire somme toute \u00e0 une intervention d\u2019origine divine, la croyance en la providence consistant \u00e0 penser qu\u2019une force sup\u00e9rieure agit sur le cours des \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu\u2019en pensait Napol\u00e9on lui-m\u00eame et se voyait-il en homme providentiel\u00a0? On sait qu\u2019il a toujours cru en son \u00e9toile, mais c\u2019est apr\u00e8s avoir restaur\u00e9 le culte en France par le concordat et surtout apr\u00e8s le sacre qu\u2019il commence \u00e0 avoir recours \u00e0 un vocabulaire par lequel il se place sous la protection divine. Certes, il reprend ainsi la formule selon laquelle il tient le tr\u00f4ne imp\u00e9rial de \u00ab\u00a0<em>la divine providence et des constitutions de l\u2019Empire<\/em>\u00a0\u00bb, mais il le fait de fa\u00e7on suffisamment r\u00e9currente pour que l\u2019on puisse consid\u00e9rer qu\u2019il a fini par l\u2019int\u00e9grer. Dans une lettre \u00e0 R\u00e9gnier, du 11 juin 1804, \u00e9voquant la conspiration Cadoudal qui vient d\u2019\u00eatre d\u00e9jou\u00e9e, il \u00e9crit\u00a0ainsi : \u00ab\u00a0<em>Nous avons acquis le droit de penser qu\u2019il ne serait au pouvoir des hommes d\u2019attenter \u00e0 notre vie que lorsque la Providence elle-m\u00eame en aurait marqu\u00e9 le terme<\/em>\u00a0\u00bb. C\u2019est un \u00e9cho au discours de Sim\u00e9on prononc\u00e9 devant le Corps l\u00e9gislatif apr\u00e8s l\u2019arrestation de Georges. Sim\u00e9on r\u00e9sumait le parcours de Napol\u00e9on comme celui d\u2019un homme prot\u00e9g\u00e9 des dieux. \u00ab\u00a0<em>Cette providence qui veille d\u2019une mani\u00e8re si marqu\u00e9e sur celui qu\u2019elle guida dans les sables du d\u00e9sert, qu\u2019elle ramena au travers des flottes ennemies, qu\u2019elle sauva au milieu de l\u2019explosion du 3 niv\u00f4se, a pris soin de la d\u00e9fendre de nouveaux attentats<\/em>\u00a0\u00bb. Et Sim\u00e9on concluait en demandant \u00e0 la Providence\u00a0 \u00ab\u00a0<em>d\u2019achever ses desseins et de prot\u00e9ger son ouvrage\u00a0\u00bb, <\/em>v\u0153u exauc\u00e9 par le passage \u00e0 l\u2019Empire quelques jours plus tard. Dans le discours qu\u2019il adresse au Corps l\u00e9gislatif le 27 d\u00e9cembre 1804, Napol\u00e9on \u00e9voque ce<em> \u00ab\u00a0tr\u00f4ne sur lequel la Providence et la volont\u00e9 de la nation m\u2019ont fait monter<\/em>\u00a0\u00bb. Puis au lendemain de la victoire d\u2019Austerlitz, il \u00e9crit aux \u00e9v\u00eaques de France, public choisi il est vrai \u00a0: \u00ab\u00a0<em>la victoire \u00e9clatante que viennent de remporter nos armes sur les arm\u00e9es combin\u00e9es d\u2019Autriche et de Russie, command\u00e9es par les empereurs de Russie et d\u2019Autriche en personne, est une preuve visible de la protection de Dieu, et demande qu\u2019il soit rendu dans toute l\u2019\u00e9tendue de notre empire de solennelles actions de gr\u00e2ces<\/em>\u00a0\u00bb. D\u00e9sormais, sous sa plume, les allusions \u00e0 la Providence, ou au \u00ab\u00a0<em>doigt de la providence<\/em>\u00a0\u00bb ayant conduit ses arm\u00e9es \u00e0 la victoire se font plus fr\u00e9quentes, par exemple dans le <em>5<sup>e<\/sup> Bulletin de la Grande Arm\u00e9e<\/em>, au lendemain de la victoire de I\u00e9na\u00a0: \u00ab\u00a0<em>On doit remercier cette Providence qui gardait notre arm\u00e9e<\/em>\u00a0\u00bb. Il relit aussi l\u2019histoire de sa destin\u00e9e politique sous cet angle. Dans un message au S\u00e9nat du 2 mars 1806, Napol\u00e9on \u00e9voque la \u00ab\u00a0<em>puissance \u00e0 laquelle la divine Providence et l\u2019amour de nos peuples nous ont \u00e9lev\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb. Il associe alors Dieu et le peuple, comme si, comme au moment du sacre, il avait besoin de cette double l\u00e9gitimit\u00e9, celle n\u00e9e du vote populaire, les trois pl\u00e9biscites, et celle consacr\u00e9e par la succession dynastique. Il ouvre avec le sacre une quatri\u00e8me dynastie sous le regard protecteur du pape. Ainsi, davantage que son arriv\u00e9e au pouvoir c\u2019est son av\u00e8nement au tr\u00f4ne imp\u00e9rial qui appara\u00eet comme un signe providentiel. Mais d\u00e8s lors qu\u2019il se croit prot\u00e9g\u00e9 de la Providence, n\u2019a-t-il pas tendance \u00e0 en attendre des miracles, au d\u00e9triment de la prise de d\u00e9cision individuelle\u00a0? La Providence semble en effet moins protectrice au soir de l\u2019Empire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis le d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le sens des mots a naturellement chang\u00e9, mais il \u00e9tait bon de rappeler qu\u2019au sortir d\u2019une R\u00e9volution qui avait cherch\u00e9 \u00e0 faire table rase du pass\u00e9, en \u00e9liminant toute r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Dieu, les contemporains de Napol\u00e9on et l\u2019empereur lui-m\u00eame pouvaient consid\u00e9rer son existence comme \u00e0 ce point extraordinaire qu\u2019ils ne pouvaient l\u2019imaginer que plac\u00e9e sous le regard d\u2019une puissance sup\u00e9rieure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Jacques-Olivier Boudon<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><em>Pr\u00e9sident de l\u2019Institut Napol\u00e9on<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>R\u00e9sum\u00e9s<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>La marche vers Marengo racont\u00e9e par le p\u00e8re d\u2019Alfred de Musset<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par G\u00e9rard Ermisse<\/p>\n<p>Sous le titre souvent tronqu\u00e9 et donc trompeur de \u00ab\u00a0Voyages en Suisse et en Italie\u00a0\u00bb, Musset-Pathay, p\u00e8re d\u2019Alfred de Musset, publie \u00e0 chaud, en septembre 1800, une relation de la marche de l\u2019Arm\u00e9e dite de r\u00e9serve, de Paris aux plaines du Po et \u00e0 Marengo. Dans un style pittoresque et d\u00e9j\u00e0 romantique, l\u2019auteur fait mieux que de simplement et platement relater une campagne militaire et fait preuve au contraire d\u2019un vrai talent de plume\u00a0: quelques citations permettront d\u2019en juger. Int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 l\u2019arm\u00e9e comme secr\u00e9taire du Premier Inspecteur g\u00e9n\u00e9ral du G\u00e9nie Marescot, il a v\u00e9cu au sein de la cohorte d\u00e9sordonn\u00e9e des soldats de Bonaparte qui sans gu\u00e8re de pr\u00e9paration marche vers les Alpes. Il nous fait sentir les incertitudes, les angoisses, la d\u00e9sesp\u00e9rance, le d\u00e9nuement des soldats et de leurs chefs et donc le coup de poker que fut cette campagne. Il fait \u00e9tat au d\u00e9tour, d\u2019opinions lib\u00e9rales, pacifistes et quasi \u00ab\u00a0pro-europ\u00e9ennes\u00a0\u00bb, plut\u00f4t favorables au nouveau r\u00e9gime issu de Brumaire, tout en manifestant de fortes r\u00e9serves quant aux ambitions politiques et guerri\u00e8res du Premier Consul.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>La brigade Lamarque dans la guerre des Oranges (1801)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Gonzague Espinosa-Dassonneville<\/p>\n<p>Sujet peu abord\u00e9 du fait de sa bri\u00e8vet\u00e9 et de son caract\u00e8re secondaire, la guerre des Oranges offre pourtant la vision d&rsquo;une Espagne d\u00e9j\u00e0 pr\u00eate \u00e0 entrer en \u00e9bullition. La pr\u00e9sence prolong\u00e9e d&rsquo;une arm\u00e9e \u00e9trang\u00e8re sur son territoire et qui plus est, fran\u00e7aise \u2013 o\u00f9 on ne trouverait que des ath\u00e9es r\u00e9volutionnaires \u00ab<em>\u00a0mangeurs d&rsquo;enfants<\/em>\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0<em>voleurs de vases sacr\u00e9s<\/em>\u00a0\u00bb \u2013 en est le facteur. Une population fanatis\u00e9e par ses pr\u00eatres, des assassinats \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, un environnement hostile, les chaleurs, tout nous laisse pr\u00e9sager ce que sera 1808 mais d\u00e9j\u00e0 entraper\u00e7u lors de la guerre des Pyr\u00e9n\u00e9es (1793-1795). Voulue par le Premier consul Bonaparte, cette guerre a pour objectif d&rsquo;obliger le Portugal \u00e0 fermer ses ports aux Anglais avec l&rsquo;aide de l&rsquo;Espagne de Manuel Godoy, l&rsquo;homme fort du pays. A partir de sources encore inexploit\u00e9es ou peu utilis\u00e9es, le parcours de la brigade du g\u00e9n\u00e9ral Lamarque depuis Perpignan jusqu&rsquo;\u00e0 Salamanque, offre un aper\u00e7u peu reluisant de ce qui devait \u00eatre, dit-on, une promenade militaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>Fasti Neapolionei<\/em> ou \u00ab\u00a0Fastes napol\u00e9oniens\u00a0\u00bb de Louis-Charles-Fran\u00e7ois Petit-Radel<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Chantal Procureur<\/p>\n<p>Le 16 d\u00e9cembre 1804 \u00e0 l&rsquo;occasion de la f\u00eate donn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de Ville par la municipalit\u00e9 de Paris en l&rsquo;honneur de l&#8217;empereur Napol\u00e9on et de l&rsquo;imp\u00e9ratrice Jos\u00e9phine les <em>Fasti Neapolionei<\/em> ou \u00ab\u00a0Fastes napol\u00e9oniens\u00a0\u00bb \u00e9crits par L-C-F Petit-Radel, furent expos\u00e9s.<\/p>\n<p>Vingt-cinq inscriptions \u00e9crites dans un style sobre en latin et en fran\u00e7ais visaient \u00e0 contribuer \u00e0 la propagande imp\u00e9riale. Elles se r\u00e9f\u00e9raient principalement aux succ\u00e8s militaires du g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte en Italie, en Egypte, montrant ses qualit\u00e9s de pacificateur et l&rsquo;inscrivaient dans une certaine continuit\u00e9 de la Rome antique.<\/p>\n<p>Evoqu\u00e9s dans la presse officielle, faisant l&rsquo;objet de publications durant l&rsquo;ann\u00e9e 1804, les <em>Fasti <\/em>ne furent pas r\u00e9\u00e9dit\u00e9s par la suite.I ls correspondaient \u00e0 une oeuvre de circonstance dont l&rsquo;audience fut limit\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement pour lequel ils avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9s.<\/p>\n<p>En 1805, leur auteur, appr\u00e9ci\u00e9 du pouvoir en place, entra \u00e0 la Biblioth\u00e8que Mazarine comme conservateur-adjoint. Il devint membre de l&rsquo;Institut en 1806. Servant habilement tous les souverains sous la Restauration et la monarchie de Juillet, il continua sa carri\u00e8re au sein de la Biblioth\u00e8que Mazarine. Il mourut \u00e0 Paris le 27 juin 1836.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>L\u2019usage politique des images de la vie priv\u00e9e <\/em><em>de Napol\u00e9on et sa famille.<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Doroth\u00e9e Lanno<\/p>\n<p>L\u2019instrumentalisation des arts \u00e0 des fins de propagande est une pratique bien connue et largement usit\u00e9e par l\u2019administration napol\u00e9onienne. Si les hauts faits militaires et les \u00e9v\u00e9nements glorieux de l\u2019histoire contemporaine figurent parmi les commandes les plus nombreuses de Denon, il convient \u00e9galement de souligner l\u2019importance d\u2019une iconographie plus personnelle dans la construction de l\u2019image imp\u00e9riale. En effet, des portraits figurant l\u2019Empereur au travail, d\u2019autres le montrant entour\u00e9 des siens proposent une vision priv\u00e9e et intime de l\u2019homme Napol\u00e9on. Enfin, les portraits dynastiques illustrant les membres de sa famille d\u00e9montrent la solidit\u00e9 d\u2019un cercle familial uni. Nous souhaitons montrer que, loin de d\u00e9sacraliser l\u2019image de l\u2019Empereur, les repr\u00e9sentations de la vie priv\u00e9e ont particip\u00e9 de la construction d\u2019un mythe. Elles ont \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 fa\u00e7onner l\u2019imaginaire du chef d\u2019\u00e9tat moderne, \u00e0 la fois chef militaire, travailleur, l\u00e9gislateur et bon p\u00e8re de famille.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Deux manga de 1853 et 1857 : Napol\u00e9on vu par le Japon \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e8re Edo et au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e8re Meiji<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Kenji Oka\u00a0 et Charles-\u00c9loi Vial<\/p>\n<p>La l\u00e9gende napol\u00e9onienne n&rsquo;a pas seulement int\u00e9ress\u00e9 le monde occidental. Quelques ann\u00e9es \u00e0 peine apr\u00e8s la chute de l&rsquo;Empire, le Japon entendit parler de Napol\u00e9on et plusieurs histoires de sa vie circul\u00e8rent sous forme de manuscrits ou d&rsquo;imprim\u00e9s. Deux xylographes, un \u00ab\u00a0r\u00e9cit\u00a0\u00bb et une \u00ab\u00a0l\u00e9gende\u00a0\u00bb, imprim\u00e9s \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e8re Edo, provenant de la collection de Fr\u00e9d\u00e9ric Masson, permettent d&rsquo;\u00e9tudier de mani\u00e8re unique la vision de l&#8217;empereur\u00a0: les illustrations et les textes fantaisistes, le mettant en sc\u00e8ne comme un samoura\u00ef ou un shogun redoutable, sont \u00e0 mettre en parall\u00e8le avec des informations plus pr\u00e9cises sur sa vie, propag\u00e9es par des ouvrages ou par des r\u00e9cits de marins. Plus encore que la l\u00e9gende d&rsquo;un seul homme, ces documents exceptionnels, extr\u00eamement connus au Japon mais rarement \u00e9tudi\u00e9s en Europe, font \u00e9cho \u00e0 la vision japonaise du monde occidental dans son ensemble, et \u00e0 une fascination nouvelle pour les armes \u00e0 feu, canons et autres navires \u00e0 vapeur. Gr\u00e2ce \u00e0 ces r\u00e9cits, Paris, les Tuileries et la dynastie des Bonaparte furent ainsi parfaitement identifi\u00e9s par les premiers ambassadeurs de l&rsquo;Empire du soleil levant, d\u00e8s 1862, servant ainsi, de mani\u00e8re indirecte, les int\u00e9r\u00eats diplomatiques et commerciaux du Second Empire.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>Abstracts<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>The march towards Marengo told by Alfred de Musset\u2019s father<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by G\u00e9rard Ermisse<\/p>\n<p>Under the often truncated and thus misleading title of \u00ab\u00a0Journeys in Switzerland and Italy\u00a0\u00bb, Musset-Pathay, father of Alfred de Musset, published promptly in September 1800, an account of the march of the said reserve army from Paris to the plains of the Po and to Marengo. In a picturesque and early romantic style, the author does much better than simply and basically tell a military campaign and shows a real talent of writer as some quotations show. Joining the army as secretary of Marescot, the General Inspector in chief of the Engineer Corps, he lived within the muddled troop of Bonaparte who, without much preparation, marched towards the Alps. He makes us feel the uncertainties, the fears, the despair, the destitution of the soldiers and their officers and thus the gambling that was this campaign. By the way, he raises some liberal, pacifist and almost \u00ab\u00a0pro-European\u201d opinions, rather favourable to the new regime stemming from Brumaire, while expressing strong reservations about the political and warfare ambitions of the First consul.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>The Lamarque brigade during the war of the Oranges (1801)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Gonzague Espinosa-Dassonneville<\/p>\n<p>Subject to rare studies due to its brevity and its secondary role, the war of the Oranges shows nevertheless how much Spain was yet ready to an uprising. The prolonged presence of a foreign army on its territory and even worse, a French one \u2013 where would be found only revolutionary atheists \u00ab\u00a0children-eaters\u00a0\u00bb or \u00ab\u00a0thieves of sacred vases\u00a0\u00bb \u2013 is the major factor. A population fanaticized by his priests, repeated murders, hostile environment, hot season, everything leads to predict what will be 1808, as already and briefly seen also during the war of Pyrenees (1793-1795). Wanted by the First consul Bonaparte, this war has for objective to force Portugal to close its ports to England with the help of Manuel Godoy&rsquo;s Spain, the leader of the country. From still unexploited or little used sources, the route of the brigade of general Lamarque from Perpignan to Salamanca, shows a far from brilliant overview of what had to be, as some said, a military stroll.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>Fasti Neapolionei<\/em> ou \u00ab\u00a0Napoleonic Splendors\u00a0\u00bb of Louis-Charles-Fran\u00e7ois Petit-Radel<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Chantal Procureur<\/p>\n<p>On December 16<sup>th<\/sup>, 1804 on the occasion of the party given to the City hall by the municipality of Paris in honor of emperor Napoleon and empress Jos\u00e9phine, <em>Fasti Neapolionei<\/em> or \u00ab\u00a0Napoleonic Splendors\u00a0\u00bb written by L-C-F Petit-Radel, were exhibited.<\/p>\n<p>Twenty-five registrations written in a sober style in Latin and in French aimed at contributing to the imperial propaganda. They referred mainly to the military successes of general Bonaparte in Italy, in Egypt, showing his qualities of peacemaker and registered him in a certain continuity of Ancient Rome. Evoked in the official press, being the object of publications during year 1804, Fasti was not afterward republished. It was only a special commission the audience of which was limited to the event for which they had been prepared. In 1805, their author, appreciated by the governing power, entered the Mazarine library as assistant curator. He became member of the Institute in 1806. Serving skillfully all the sovereigns under the Restoration and the July Monarchy, he continued his career within the Mazarine Library. He died in Paris on June 27th, 1836.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>The political exploitation of Napoleon <\/em><em>and his family\u2019s private image<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Doroth\u00e9e Lanno<\/p>\n<p>The political exploitation of the arts for purposes of propaganda is a well-known and a widely used practice by the napoleonic administration. If the military heroic deeds and the glorious events of the contemporary history appear among the most numerous commissions of Denon, it is also important to underline the role of a more personal iconography in the construction of the imperial image. Indeed, portraits representing the Emperor at work, other showing him among his closest family offer a private and intimate vision of Napoleon as a man. Then, the dynastic portraits picturing the members of his family demonstrate all the strength of a close family circle. We aim at showing that, far from destroying the sacred aura of the Emperor\u2019s image, the representations of the private life participated in the construction of a myth. They also contributed to shape the imaginary image of the modern head of state, both the military leader, the hard worker as well as the legislator and the good father.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Two manga dated 1853 and 1857: Napoleon as pictured in Japan at the end of Edo era and at the beginning of Meiji era<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Kenji Oka\u00a0 and Charles-\u00c9loi Vial<\/p>\n<p>The napoleonic legend not only fascinated the western world. Hardly a few years after the fall of the Empire, Japan heard about Napoleon and several stories of his life circulated in the form of manuscripts or in print. Two xylographs, a \u00ab\u00a0narrative\u00a0\u00bb and a \u00ab\u00a0legend\u00a0\u00bb, printed in the end of the Edo era, from Fr\u00e9d\u00e9ric Masson&rsquo;s collection, allow to study in a unique way the representation of the emperor: the illustrations and the fanciful texts, staging him as a samurai or a formidable shogun, are to be paralleled with more precise accounts of his life, propagated by books or by sailors&rsquo; narratives. Even more than the legend of one man, these exceptional documents, very well known in Japan but rarely studied in Europe, echo the Japanese vision of the western world in general, and the new fascination for firearms, artillery and steam ships. Thanks to these narratives, Paris, the Tuileries and the Bonaparte dynasty were perfectly identified by the first ambassadors of the Land of the Rising Sun, as soon as 1862, serving indirectly the diplomatic and commercial interests of the Second Empire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on Num\u00e9ro 212 (2016-1) Editorial Il est courant, en France, d\u00e8s que le pays traverse une p\u00e9riode de crise, d\u2019avoir recours au mythe de l\u2019homme providentiel, et les exemples affluent, m\u00eame s\u2019ils ne sont pas si nombreux, qui de Napol\u00e9on \u00e0 De Gaulle, illustrent la capacit\u00e9 de grands hommes \u00e0 contribuer \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"spay_email":""},"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/854"}],"collection":[{"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=854"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/854\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":920,"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/854\/revisions\/920"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=854"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}