{"id":852,"date":"2021-04-25T00:49:34","date_gmt":"2021-04-24T22:49:34","guid":{"rendered":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/?page_id=852"},"modified":"2021-04-26T00:27:32","modified_gmt":"2021-04-25T22:27:32","slug":"rin-numero-213-2016-2","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/institut-napoleon.fr\/index.php\/rin-numero-213-2016-2\/","title":{"rendered":"RIN &#8211; Num\u00e9ro 213 (2016-2)"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-899 size-medium aligncenter\" src=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/213-198x300.jpg\" alt=\"\" width=\"198\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/213-198x300.jpg 198w, http:\/\/institut-napoleon.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/213.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 198px) 100vw, 198px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-size: 18pt;\">Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt;\"><strong>Num\u00e9ro 213 (2016-2)<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>Editorial<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019histoire napol\u00e9onienne na\u00eet avec Napol\u00e9on lui-m\u00eame, qui a compris l\u2019importance de l\u2019h\u00e9ritage qu\u2019il allait transmettre et s\u2019est fait l\u2019historiographe de son propre r\u00e8gne, par les \u00e9crits qu\u2019il a laiss\u00e9s, \u00e0 l\u2019instar des Bulletins de la Grande Arm\u00e9e, comme par les propos qu\u2019il a dict\u00e9s, notamment \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne. Sa pr\u00e9occupation en la mati\u00e8re est constante. A Jos\u00e9phine, en avril 1814, il annonce\u00a0: \u00ab\u00a0je vais dans ma retraite substituer la plume \u00e0 l\u2019\u00e9p\u00e9e. L\u2019histoire de mon r\u00e8gne sera curieuse\u00a0; on ne m\u2019a vu que de profil, je me montrerai tout entier\u00bb. Dans son testament, il engage Bignon \u00e0 \u00e9crire l\u2019histoire l\u2019histoire de la diplomatie fran\u00e7aise de 1792 \u00e0 1815, ce que ce dernier effectuera. Il est accompagn\u00e9 par les contemporains de l\u2019\u00e9pop\u00e9e, conscients d\u2019avoir v\u00e9cu une \u00e9poque extraordinaire et qui se muent en historiens du grand homme, \u00e0 l\u2019image de Norvins dont <em>l\u2019Histoire de Napol\u00e9on<\/em> para\u00eet d\u00e8s 1828. A cette date, l\u2019histoire des temps napol\u00e9oniens est encore une histoire du temps pr\u00e9sent, qui peut s\u2019appuyer sur les sources \u00e9crites, mais aussi sur des t\u00e9moignages oraux. Adolphe Thiers qui lance son projet d\u2019une grande histoire du Consulat et de l\u2019Empire en 1835 en est une belle illustration, lui qui s\u2019abreuve \u00e0 la correspondance de Napol\u00e9on dont il fait recopier des pans entiers, comme aux bulletins de \u00a0la grande arm\u00e9e, qui rencontre aussi la plupart des protagonistes encore vivants et visite les champs de bataille sur lesquels l\u00e0 encore il interroge les t\u00e9moins survivants. Son <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> conserve n\u00e9anmoins encore une touche romantique. Thiers, ministre de Louis-Philippe, puis opposant \u00e0 Napol\u00e9on III, avant de devenir le premier pr\u00e9sident de \u00a0la IIIe \u00a0R\u00e9publique illustre l\u2019exemple d\u2019un homme politique devenu historien. Or c\u2019est au moment o\u00f9 il ach\u00e8ve son <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> que le m\u00e9tier d\u2019historien se professionnalise, \u00e9volution en partie li\u00e9e \u00e0 l\u2019essor de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur, m\u00eame si l\u2019histoire napol\u00e9onienne offre hier comme aujourd\u2019hui la particularit\u00e9 de d\u00e9border largement du cadre universitaire pour s\u2019imposer notamment dans les milieux acad\u00e9miques. C\u2019est aussi le moment o\u00f9 l\u2019histoire positiviste s\u2019impose. Elle s\u2019appuie sur un recours syst\u00e9matique aux sources, gage de scientificit\u00e9. L\u2019histoire du Premier Empire n\u2019y \u00e9chappe pas. Elle conna\u00eet en outre un renouveau li\u00e9 \u00e0 la d\u00e9faite de 1870-1871. Elle n\u2019est donc pas entrain\u00e9e dans l\u2019opprobre que\u00a0 subit le Second Empire. La g\u00e9n\u00e9ration qui a v\u00e9cu la guerre franco-prussienne veut comprendre comment la France du Second Empire a pu \u00eatre aussi rapidement d\u00e9faite alors que celle de Napol\u00e9on triomphait en Europe. C\u2019est l\u2019\u00e9poque o\u00f9 Hippolyte Taine engage les r\u00e9flexions qui le conduiront \u00e0 r\u00e9diger <em>Les origines de la France contemporaine<\/em>, c\u2019est le moment o\u00f9 Albert Sorel abandonne la diplomatie pour se consacrer \u00e0 l\u2019enseignement au sein de la jeune Ecole libre des sciences politiques et \u00e0 l\u2019\u00e9criture. La guerre de 70 a aussi contribu\u00e9 \u00e0 transformer Fr\u00e9d\u00e9ric Masson, jusqu\u2019alors r\u00e9publicain, en apologiste de Napol\u00e9on. La d\u00e9faite conduit aussi \u00e0 la cr\u00e9ation au sein de l\u2019\u00e9tat-major d\u2019un service historique qui publie \u00e0 la fin du si\u00e8cle un nombre impressionnant de sources. C\u2019est enfin le temps o\u00f9 en France comme en Allemagne, on relit les th\u00e9oriciens de la strat\u00e9gie napol\u00e9onienne, Clausewitz ou Jomini, afin de pr\u00e9parer les \u00e9lites militaires au prochain conflit. Plus que jamais, l\u2019histoire, notamment des campagnes militaires, est con\u00e7ue comme devant fournir des cl\u00e9s de compr\u00e9hension du pr\u00e9sent. Et lorsque les officiers fran\u00e7ais se retrouvent en septembre 1914 \u00e0 commander sur la Marne, ils ne peuvent oublier que cent ans plus t\u00f4t, les arm\u00e9es de Napol\u00e9on foulaient le m\u00eame sol, au cours de la campagne de France.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\">Jacques-Olivier Boudon<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><em>Pr\u00e9sident de l\u2019Institut Napol\u00e9on<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>R\u00e9sum\u00e9s<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Napol\u00e9on et la guerre totale. Retour sur un vieux d\u00e9bat historiographique<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Martin Motte<\/p>\n<p>La publication en 2007 de l\u2019ouvrage de David Bell traduit en fran\u00e7ais sous le titre La guerre totale a relanc\u00e9 un d\u00e9bat historiographique tr\u00e8s ancien que l\u2019on peut faire remonter \u00e0 l\u2019\u00e9poque napol\u00e9onienne elle-m\u00eame. L\u2019analyse de l\u2019\u0153uvre de Clausewitz montre ainsi comment il a analys\u00e9 les mutations de la guerre de l\u2019Ancien R\u00e9gime \u00e0 l\u2019Empire, \u00e0 travers la question des moyens engag\u00e9s, du rapport aux populations civiles ou des buts de guerre. S\u2019il n\u2019utilise pas le concept de \u00ab\u00a0guerre totale\u00a0\u00bb, il d\u00e9veloppe en revanche celui de \u00ab\u00a0guerre absolue\u00a0\u00bb qui en est l\u2019\u00e9quivalent. Sans aller aussi loin dans la th\u00e9orisation de la guerre, Jomini fournit une typologie des guerres de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire d\u2019o\u00f9 ressortent la guerre d\u2019opinions et la guerre nationale. Il partage avec Clausewitz l\u2019id\u00e9e que la guerre atteint alors un seuil de violence paroxystique. La guerre de 1870 relance l\u2019int\u00e9r\u00eat pour les analyses de Clausewitz sur les guerres napol\u00e9oniennes, en Allemagne, avec Colmar von der Goltz, en France avec Foch. Le d\u00e9bat sur la guerre totale est relanc\u00e9 par la Grande Guerre, avec Ludendorff, Fuller et Liddell Hart. Au-del\u00e0 des statistiques sur les pertes, il faut revenir sur la triple totalisation\u00a0que recouvre la notion de guerre totale : celle des objectifs, celle des moyens et celle de la violence. De ce point de vue, et comme l\u2019avaient explicit\u00e9 Clausewitz et Jomini, le concept de guerre totale s\u2019applique bien \u00e0 la s\u00e9quence 1793-1815.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>L\u2019Empire d\u2019Albert Sorel<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Yves Bruley<\/p>\n<p>Profond\u00e9ment marqu\u00e9 par la guerre franco-prussienne qu\u2019il observe depuis son poste au minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res, Albert Sorel quitte la diplomatie peu apr\u00e8s, entre dans la nouvelle Ecole libre des sciences politiques qu\u2019il marque de son empreinte et se lance dans une monumentale histoire de la diplomatie au tournant des XVIII<sup>e<\/sup> et XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles, \u00e0 laquelle il pense d\u00e8s 1874 et qui est publi\u00e9e en 8 volumes sous le titre <em>L\u2019Europe et la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em>. Sorel est sensible aux continuit\u00e9s, entre l\u2019Ancien R\u00e9gime et la R\u00e9volution, entre le jacobinisme et Napol\u00e9on, entre l\u2019empire romain et l\u2019empire napol\u00e9onien, via l\u2019empire carolingien. Et s\u2019il prend acte de l\u2019\u00e9chec final de l\u2019entreprise napol\u00e9onienne sur le plan territorial, il lui reconna\u00eet d\u2019avoir contribu\u00e9 \u00e0 la reconfiguration de l\u2019Europe et m\u00eame \u00e0 la naissance de l\u2019Europe, soulignant \u00e0 cet \u00e9gard l\u2019immense port\u00e9e de l\u2019\u0153uvre napol\u00e9onienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Les historiens de la Section historique de l\u2019\u00e9tat-major de l\u2019arm\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Jacques Garnier<\/p>\n<p>Le choc qu\u2019a repr\u00e9sent\u00e9 la d\u00e9faite face \u00e0 l\u2019Allemagne en 1871 a pouss\u00e9 l\u2019arm\u00e9e \u00e0 repenser sa mani\u00e8re de concevoir l\u2019histoire des guerres napol\u00e9oniennes afin d\u2019y chercher des recettes pour l\u2019avenir alors que m\u00eame que l\u2019arm\u00e9e prussienne avait int\u00e9gr\u00e9 les le\u00e7ons des d\u00e9faites subies en 1806. Deux voies ont \u00e9t\u00e9 suivies, la premi\u00e8re passe par un renouveau de l\u2019enseignement de l\u2019art de la guerre \u00e0 l\u2019\u00c9cole sup\u00e9rieure de guerre o\u00f9 enseignent notamment Bonnal ou Foch. La seconde se traduit par la cr\u00e9ation d\u2019une section historique\u00a0 au sein de l\u2019\u00e9tat-major en 1884 dont la mission principale est de faire conna\u00eetre les campagnes napol\u00e9oniennes, en publiant des sources ou en produisant des synth\u00e8ses tir\u00e9es de la lecture des sources. Les historiens de la SHEMA, Foucart, Fabry, Saski, Alombert, Colin ou Fabry ont ainsi produit, en quelques ann\u00e9es, une quantit\u00e9 impressionnante de volumes de documents qui ont inspir\u00e9 les officiers alors en formation et sont toujours utiles aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Masson, historien des Napol\u00e9on (1847-1923)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par David Chanteranne<\/p>\n<p>Fils d\u2019un officier de la garde nationale tu\u00e9 en juin 1848, professant des id\u00e9es r\u00e9publicaines sous le Second Empire, Fr\u00e9d\u00e9ric Masson se convertit \u00e0 Napol\u00e9on apr\u00e8s la d\u00e9faite de Sedan et en devient l\u2019un des principaux historiens. Devenu secr\u00e9taire du prince Napol\u00e9on, puis maire d\u2019Asni\u00e8res, il est aussi membre de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise \u00e0 partir de 1903. D\u2019une \u0153uvre monumentale se d\u00e9gage la s\u00e9rie des treize volumes consacr\u00e9s \u00e0 <em>Napol\u00e9on et sa famille<\/em>, comme les biographies des deux imp\u00e9ratrices. Masson est d\u2019abord l\u2019historien de l\u2019intime, attentif \u00e0 scruter les relations entre Napol\u00e9on et sa fratrie qu\u2019il \u00e9pargne rarement. C\u2019est aussi un remarquable collectionneur, \u00e0 la fois d\u2019archives, de livres et d\u2019objets, dont 2000 \u00e0 l\u2019effigie de Napol\u00e9on. Cet ensemble l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la Biblioth\u00e8que Thiers constitue encore aujourd\u2019hui un fonds de tout premier plan.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>1814-1914. D\u2019une campagne de France \u00e0 l\u2019autre<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Jacques-Olivier Boudon<\/p>\n<p>Le centenaire de la campagne de France de 1814 est modestement salu\u00e9 au printemps de 1914. Il est vrai que la Troisi\u00e8me R\u00e9publique avait peu mis en avant depuis quinze ans le souvenir du Consulat et de l\u2019Empire. Dans les premiers mois de 1914,\u00a0 le pays est surtout concentr\u00e9 sur une campagne \u00e9lectorale dont l\u2019un des enjeux est la dur\u00e9e du service militaire. Le d\u00e9clenchement de la Grande Guerre change la perspective. En septembre, Fran\u00e7ais et Allemands s\u2019affrontent sur les m\u00eames champs de bataille qu\u2019en 1814, ce qui fait rena\u00eetre l\u2019espoir d\u2019une issue victorieuse. Surtout, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 les difficult\u00e9s militaires s\u2019accumulent, Napol\u00e9on appara\u00eet comme un mod\u00e8le \u00e0 suivre. Il est d\u00e9sormais beaucoup plus souvent sollicit\u00e9 par les g\u00e9n\u00e9raux comme par les hommes politiques, \u00e0 l\u2019instar de Clemenceau qui, dans <em>l\u2019Homme libre<\/em>, passe de la critique du tyran \u00e0 l\u2019exaltation du chef victorieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 18pt; color: #008000;\"><strong>Abstracts<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Napoleon and the all-out war. Another look on an old historiographical debate<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Martin Motte<\/p>\n<p>The publication in 2007 of David Bell&rsquo;s work translated into French under the title <em>The all-out war<\/em> relaunched an old historiographical debate which goes back to the napoleonic period itself. The study of Clausewitz&rsquo;s work shows how he analyzed the transformations of the war from the Ancien R\u00e9gime to the Empire through the question of the committed means, the relationship to the civilian populations and the war purposes.<\/p>\n<p>Even if he does not use the concept of \u00ab\u00a0all-out war\u00a0\u00bb, he establishes that of \u00ab\u00a0absolute war\u00a0\u00bb which is an equivalent. Without going as far as such theorization of the war, Jomini submits a typology of the wars of the Revolution and the Empire from where stands out both the public opinion&rsquo;s war and the nationalistic war. He shares with Clausewitz the idea that the war reaches then a threshold of paroxystic violence. The war of 1870 boosted the interest for the analyses of Clausewitz on the napoleonic wars in Germany with Colmar von der Goltz and in France with Foch. The debate on the all-out war was activated again by WWI with Ludendorff, Fuller and Liddell Hart. Beyond the statistics on casualties, it was then necessary to go back to the triple addition contained in the notion of all-out war: the purposes, the means and the level of violence. From this point of view, and as that was clarified by Clausewitz and Jomini, the concept of all-out war applies well to the 1793-1815 period.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>The Empire of Albert Sorel<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Yves Bruley<\/p>\n<p>Profoundly affected by the French-Prussian war he observed from his position in the Ministry of Foreign Affairs, Albert Sorel left the diplomacy shortly after, joining the new free school of political sciences where he left his imprint by entering into writing a monumental history of the diplomacy in the turning point of the XVIIIth and XIXth centuries. This project he had in mind since 1874 was published in 8 volumes titled \u00ab\u00a0Europe and the French Revolution\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sorel underlined the continuity between the Ancien R\u00e9gime and the Revolution, between the Jacobinism and Napoleon, between the Roman Empire and the napoleonic empire, via the Carolingian empire. Even if he took into account the final failure of the napoleonic venture on the territorial point of view, he recognized its contribution to the reconfiguration of Europe and even to the birth of Europe, underlining the profound impact of the napoleonic work.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>The historians at the historical department of the general staff<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">par Jacques Garnier<\/p>\n<p>The shock of the defeat in front of Germany in 1871 showed the urgency to rethink the way the army was considering the history of the napoleonic wars, in order to look for lessons for the future while it was more than clear what the Prussian army had studied the reasons of the defeats in 1806. Two actions were taken, the first one with a revival of the education in the art of the war at the War college with teachers like Bonnal or Foch.<\/p>\n<p>The second was the creation of a historical section within the general staff in 1884 with the main mission to make better known the napoleonic campaigns by publishing sources or by producing synthesis further to the reading of sources. The historians of the SHEMA, Foucart, Fabry, Saski, Alombert, Colin or Fabry so produced, within a few years, an impressive quantity of volumes of documents which inspired the officers in training, that are still useful today.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Masson, historian of the Napol\u00e9ons (1847-1923)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by David Chanteranne<\/p>\n<p>Son of an officer of the national police killed in June, 1848, professing republican ideas under the Second Empire, Fr\u00e9d\u00e9ric Masson is converted to the napoleonic history after the defeat of Sedan and becomes one of the main historians in that field. Appointed as secretary of prince Napoleon, then mayor of Asni\u00e8res, he is also a member of the Acad\u00e9mie fran\u00e7aise from 1903. Of his monumental work the series of thirteen volumes dedicated to Napoleon and his family stand out, as well as the biographies of both empresses. Masson is specially the historian of the familial intimacy, scrutinizing the relations between Napoleon and his brothers which he rarely spares. He is also a remarkable collector of archives, books and objects, among which 2000 are in Napoleon&rsquo;s effigy. This collection donated to the Thiers library is still today a source of primary interest.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>1814-1914. From a campaign of France to another<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">by Jacques-Olivier Boudon<\/p>\n<p>The centenary of the campaign of France of 1814 was modestly greeted on the spring of 1914. It is true that for fifteen years the Third Republic had little promoted the memory of the Consulate and the Empire. In the first months of 1914, the country was especially concentrated on an election campaign where the duration of the military service is of one of the stakes. The beginning of WWI changed the perspective. In September, the French and the Germans were facing each other on the same battlefields as in 1814, which made the hope of a victorious outcome be reborn. Especially, when the military drawbacks accumulated, Napoleon appeared as a model to follow. From then, he was much more often evocated by the generals as by the politicians, following the example of Clemenceau who, in <em>l&rsquo;Homme libre<\/em>, goes from the criticism of the tyrant to the exaltation of the victorious leader.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revue de l&rsquo;Institut Napol\u00e9on Num\u00e9ro 213 (2016-2) Editorial L\u2019histoire napol\u00e9onienne na\u00eet avec Napol\u00e9on lui-m\u00eame, qui a compris l\u2019importance de l\u2019h\u00e9ritage qu\u2019il allait transmettre et s\u2019est fait l\u2019historiographe de son propre r\u00e8gne, par les \u00e9crits qu\u2019il a laiss\u00e9s, \u00e0 l\u2019instar des Bulletins de la Grande Arm\u00e9e, comme par les propos qu\u2019il a dict\u00e9s, notamment \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne. 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